Culture, laïcité et citoyenneté

  • Scoop it !

  • Réflexion et tristesse après l'affreux drame de la place St Lambert et les réactions parfois navrantes sur le web

    La stupeur d'un visage si sombre de la société, de l'humanité, qui surgit à nos portes, dans notre ville, et qui touche des personnes qui nous sont proches, la sauvagerie d'une vengeance personnelle au détriment de tant de victimes innocentes soulèvent une vague de révolte au sein de la population.

    Cette explosion de violence fait éclater chez un grand nombre de citoyens des réactions passionnelles aux accents de racisme primaire. Or ce n'est pas un peuple qui s'est livré à cette folie meurtrière. Non, l'auteur de cette abomination est un individu au passé chargé sur le plan de la multi criminalité. Son geste n'est pas celui d'une communauté. Il a d'ailleurs touché l'ensemble de la population, et la souffrance des proches des victimes s'est étendue aux citoyennes et citoyens de toutes les origines.

    C'est justement l'absence d'explication cohérente à ce traumatisme qui pousse la population à désigner des boucs émissaires pour tenter d'identifier d'illusoires raisons à ce déchainement de violence. Point de croisade religieuse, point d'enjeu politique, point de guerre des gangs dans cette arène sanglante.

    Notre humanité fait face dans ce genre d'épreuve à sa réalité profonde. Oui, l'être humain est capable d'actes insensés. Ils se retrouvent dans toute société, du Nord comme du Sud, de l'Occident à l'Orient. Face à cette vision insoutenable, le défit est grand : il s'agit de prouver que notre humanité peut opter pour des valeurs positives, qui nous font progresser dans la recherche de rapports plus justes, plus respectueux entre les êtres, vers une société plus harmonieuse, fondée sur l'amour mutuel plutôt que sur le rejet des autres, de la différence, dans un univers ségrégationniste où il ne serait possible de se côtoyer qu'entre mêmes.

    Notre plus grand espoir, dans cette circonstance, après avoir rendu hommage aux victimes et à leurs proches, est que la haine ne fasse pas écho à la haine, que la vengeance ne réponde pas à la vengeance.

    HP

  • Une construction du concept de laïcité dans le cadre de la philosophie politique classique

    1° Cette construction remonte d’abord à la pensée de Locke (fin XVIIe siècle) qui établit objectivement la distinction entre foi et loi, et qui pose de manière décisive la question de la nature du lien politique.
    2° Une seconde étape, avec la pensée de Bayle, déverrouille le problème de l’incroyance comme défi à la constitution du lien politique ; elle mène au concept subjectif de la laïcité.
    3° La construction du concept objectif de laïcité s’effectue au moment de la Révolution française avec la pensée de Condorcet qui fait l’économie du contractualisme. Tous les éléments philosophiques sont alors réunis pour l’achèvement du concept actuel de laïcité, et notamment la thèse d’un minimalisme de la théorie politique républicaine. Cela conduira à quelques considérations sur l’actualité récente.
    On s’étonnera peut-être que les étapes et les textes parcourus soient pour la plupart antérieurs à l’apparition du terme « laïcité » : c’est qu’ils sont fondateurs non pas au sens d’une origine, mais au sens d’un commencement dans la pensée.

    Catherine Kintzler, Philosophe, auteur de "Qu'est-ce que la laïcité ?" (éd. Vrin).

  • La laïcité internationale

     La laïcité s’est développée en Belgique dans un contexte défavorable pour les libre-penseurs. Notre Etat, imprégné de l’influence de l’Eglise, a incité les premiers militants sans confession à mener une âpre lutte en faveur de la séparation du spirituel et du temporel, alors que nos voisins français par exemple n’en ressentaient pas le besoin puisque les fondateurs de leur république avaient inséré cette notion dans les fondements mêmes de leur cadre constitutionnel. Il y a 40 ans, les militants laïques belges prirent la décision de se structurer afin de conjuguer leurs efforts pour conscientiser la population et interpeller les pouvoir publics sur l’injustice ressentie par les non croyants, une injustice qui apparut de manière criante lorsque les victimes de l’incendie de l’ « Innovation » reçurent un hommage religieux de la société civile et des  autorités publiques  sans aucune considération pour les options philosophiques respectives des victimes et de leur famille. Depuis lors, et surtout depuis deux décennies, la mouvance laïque a permis que se développe un respect grandissant – mais pas encore absolu, loin s’en faut - du principe d’égalité  de considération et de droits pour les personnes qui ne se retrouvent pas dans le moule de la religion majoritaire et officielle de l’Etat belge.

    Notre histoire a fait en sorte que des avancées déterminantes dans les choix éthiques furent acquises, à tel point qu’aujourd’hui les positions défendues dans des matières relatives à la personne humaine ont trouvé leur traduction dans un système législatif libéré du poids de l’obscurantisme. Les lois régissant  l’avortement, la contraception, l’euthanasie, l’acharnement thérapeutique, le mariage des homosexuels, l’expérimentation sur les cellules souches connurent une évolution sensible, qui fait aujourd’hui de notre pays un Etat qui se situe parmi les plus avancés dans ces domaines sur la scène internationale.

    Cependant, la construction de la communauté européenne au-delà des accords économiques nous replace dans le contexte d’une société aux influences multiples, aux côtés de pays plus soumis aux influences religieuses. Les tentatives de mouvements confessionnels trouvent des relais efficaces dans le monde politique, à tel point que certains élus ne se contentent plus de considérer les Eglises comme de simples groupes de pression, mais en font de véritables interlocuteurs lorsqu’il s’agit de légiférer sur des problématiques sociétales et des matières éthiques.

    Cette nouvelle donne a ravivé encore la détermination des défenseurs de la raison. Or, les porteurs des idées laïques sont rarement aussi organisés qu’ils ne le sont dans notre pays. Il est dès lors de la responsabilité de nos élus, et certains s’y emploient avec toute leur énergie, de diffuser leurs mises en garde et de défendre les intérêts de la communauté non-confessionnelle auprès de leurs collègues. Si la communauté laïque fut divisée lorsqu’il s’est agi d’accepter ou de refuser d’être considérée sur un pied d’égalité (encore relative) avec les religions, la laïcité organisée et reconnue officiellement chez nous depuis 2002 constitue finalement un modèle  dont pourraient s’inspirer les constructeurs de l’espace européen.

    Puisque les mouvements religieux n’acceptent pas de limiter leur champ d’action et d’influence à la sphère privée, il nous revient de contribuer activement à organiser la résistance à l’échelle internationale — européenne et même mondiale — et d’exiger que des décrets visant l’ensemble de la communauté ne soient pas influencés par des positions de groupes particuliers, qui tentent d’imposer à l’ensemble de la population des valeurs propres à leurs adhérents.


    Hervé Persain.

    in S&F n° 65

  • La gloire n'est pas contraire à la raison, mais peut en naître. (Proposition LVIII)

    Ce que l'on appelle vaine gloire est la satisfaction intérieure que favorise la seule opinion de la foule ; cette opinion cessant, la satisfaction cesse également, c'est-à-dire le souverain bien que chacun aime. D'où vient que celui qui est fier de l'opinion de la foule, quotidiennement soucieux, s'efforce, travaille et s'applique à conserver sa réputation. La foule, en effet, est diverse et inconstante, et si on ne maintient sa réputation, elle se perd vite. Bien plus, comme tous désirent attirer les applaudissements de la foule, chacun est toujours prêt à étouffer la réputation d'autrui ; et donc, puisqu'il s'agit d'un combat sur ce qu'on estime le souverain bien, il naît une furieuse envie de s'accabler les uns les autres par n'importe quel moyen, et celui qui enfin sort victorieux est plus fier d'avoir nui à autrui que d'avoir été utile à soi-même. Cette gloire ou satisfaction est donc réellement vaine, parce qu'elle n'est rien.

    Spinoza, L'Ethique, De la servitude humaine.

  • L'orgueilleux aime la présence des parasites et des flatteurs, mais il hait celle des âmes généreuses. (Proposition LVII)

    L'orgueil est la joie qui naît de ce que l'homme a de soi une meilleure opinion qu'il n'est juste ; et l'homme orgueilleux s'efforcera, autant qu'il peut, de favoriser cette opinion ; ainsi les orgueilleux aimeront la présence des parasites ou des flatteurs, et fuiront celle des âmes généreuses, qui ont d'eux l'opinion qui est juste.

    Spinoza, L'Ethique, De la servitude humaine.

     

  • Dieudonné en procès

    L'humoriste s'est vu accuser d'injures racistes pour avoir invité Robert Faurisson, révisionniste emblématique, à monter sur scène pour recevoir le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence des mains d'une personne déguisée en déporté juif. Si nous ne pouvons que nous réjouir de voir la justice combattre des actes racistes, les attendus du parquet de Paris nous laissent pantois : "Injures commises à l'encontre d'une religion" ! Ce n'est pourtant pas la religion juive que les nazis ont voulu exterminer, mais bien le peuple juif. La nuance est d'importance, car ou s'arrêtera la justice si elle combat ainsi les atteintes à la respectabilité des religions ? L'Holocauste ne constituait pas un enjeux antireligieux, mais bien raciste, non ?

  • Rwanda, 15 ans déjà

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    Une minute de silence pour combattre l’oubli du génocide.
     
    Pour ne pas oublier l’horreur, pour ne pas reposer les consciences, pour penser à tout ce qui n’a pas été fait pour éviter le massacre, pour tout mettre en œuvre pour ne pas le revivre.
     
    Pour ne pas garder la fausse impression, que ça s’est passé très loin et pour des raisons auxquelles on serait totalement étranger.
     
    Le 6 avril 1994 ont commencé les massacres à l’encontre des Tutsi et des Hutu modérés, cette date correspondant à la mort du Président Juvénal Habyarimana.
    Les atrocités durèrent jusqu’en juin 1994.
     
    L’incapacité de réaction de cet ensemble flou qu’est la communauté internationale est insoutenable. Cette communauté n’a pas pu, n’a pas voulu intervenir… mais sait au moins se souvenir.
     
    C’est pourquoi le CAL appelle tous les membres de la communauté non confessionnelle, tous les démocrates, toutes les personnes attachées à la défense des droits de l’homme à faire un effort de mémoire et à respecter une minute de silence le 7 avril à 12h00 en souvenir des 800.000 enfants, femmes et hommes massacrés en 1994.
     
     
    --
    Centre d'Action Laïque asbl
    Campus de la Plaine ULB, CP236
    Avenue Arnaud Fraiteur
    1050 Bruxelles, Belgique
    T.: 02/627.68.11
    F.: 02/627.68.01
    cal@ulb.ac.be - www.laicite.be

  • DISCRIMINATION – Cour constitutionnelle

    Dans un arrêt prononcé le 12 février 2009, La Cour constitutionnelle a rejeté le recours en annulation introduit par un collectif de citoyens à l’encontre des lois antidiscrimination du 10 mai 2007.

    La Cour constitutionnelle n’a donc pas adhéré à la critique selon laquelle lesdites lois sont trop vagues ou formulées de manière trop large. La liberté d’expression, la liberté de religion et la liberté d’association ne sont, d’après l’arrêt de la Cour, pas mises en péril par une interdiction de poser des actes discriminatoires. Les sanctions pénales attachées à des délits tels que l’incitation à la discrimination, à la haine, à la violence, à la ségrégation ou encore l’interdiction de diffuser des idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale ont également obtenu l’approbation de la Cour constitutionnelle.

    Source : NERIOS-NEWS n° 47 – mars 2009

  • A quand la politique migratoire humaine promise ?

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    Pour la toute première fois, la laïcité et les cultes reconnus adoptent une position commune et interpellent, d’une seule voix, le gouvernement à propos de la politique d’asile et, singulièrement, des sans-papiers.
     
    « A quand la politique migratoire humaine promise ? »
     
    Nous, représentants de tous les cultes et communautés philosophiques officiellement reconnus en Belgique – interpellons une fois de plus notre gouvernement fédéral. Nous lui demandons de décider d’une législation globale qui sorte les sans-papiers du désarroi causé par l’incertitude juridique. Nous l’invitons à mettre en route une politique de régularisation réaliste, juste et généreuse. Si nous sommes conscients que notre pays ne peut accueillir tout le monde, il est clair en contrepartie qu’il faut unir nos efforts au maximum et sans tarder pour améliorer les conditions de vie ailleurs dans le monde. Nous sollicitons donc par la présente une fidèle mise en œuvre des mesures promises dans l’accord de gouvernement.
    Vu l’urgence humanitaire de la situation, tout atermoiement à solutionner cette question serait moralement irresponsable.
     
    Les cultes et communautés philosophiques officiellement reconnus en Belgique :
     
    L’Eglise Anglicane en Belgique
    L’Union Bouddhique belge
    L’Eglise Catholique en Belgique
    Le Consistoire Israélite Central de Belgique
    Le Centre d’Action Laïque
    L’Exécutif des Musulmans de Belgique
    L’Eglise Orthodoxe en Belgique
    Le Conseil Administratif du Culte Protestant Evangélique
     
     
     
    Pour toute info complémentaire, veuillez contacter Eliane Deproost, au 0476/72 36 78.
    --
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    Avenue Arnaud Fraiteur
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  • Séparation de la science et de la religion

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    Tout comme Copernic et Galilée avant lui lorsque leurs découvertes furent rendues publiques, Darwin fit l’objet de nombreuses attaques des religions dès la publication de son œuvre révolutionnaire : « L’Origine des espèces ». Opposer ainsi ce qu’il appela d’abord prudemment sa « théorie de la descendance avec modifications » aux explications « fixistes » de la création du monde et des êtres vivants assénées par des milieux religieux revendiquant une interprétation littérale des Ecritures relevait d’un défi aux accents lucifériens.


    En voici un exemple, sous la forme d’une passe d’armes entre le lieutenant musclé de Darwin, Thomas Huxley, et l’évêque anglican d’Oxford, Wilberforce, los de la réunion annuelle de l’Association britannique pour l’avancement des sciences, en 1860 :


    — Wilberforce : « Monsieur Huxley, descendez-vous du singe par votre grand-père ou par votre grand-mère ? »
    — Huxley : « Je rougirais plutôt d’avoir un ancêtre comme l’évêque qui se mèle de problèmes qu’il ne connaît pas dans le seul but de les embrouiller ».


    Mais la position de la religion a heureusement évolué. Ainsi il y a tout juste 100 ans, alors que l’on célébrait le centenaire de Darwin et le demi-siècle de son œuvre majeure, le chanoine belge Henri  de Dorlodot, géologue et théologien, échafaudait une argumentation selon laquelle la théorie de l’évolution n’entrait pas en contradiction avec les textes bibliques relatant la création, qu’il qualifait d’allégoriques.


    Réaffirmer avec fermeté tout le fondement de la théorie de l’évolution, même revisitée à l’aune des découvertes scientifiques qui suivirent, pourrait donc apparaître comme une démarche désuette aujourd’hui, en 2009.


    Et pourtant, certains courants fondamentalistes protestants du Sud des Etats-Unis n’ont pas déposé les armes. Dès 1925, un jeune enseignant du Tennessee se voyait intenté un procès pour avoir enseigné la théorie de l’évolution en classe. Aujourd’hui encore, ces courants religieux exercent un lobbying intense afin que le créationnisme soit réintroduit en tant que théorie scientifique dans le cursus scolaire.


    Une autre thèse s’est fait jour pour remettre en question l’évolutionnisme : celle du dessein intelligent, selon lequel d’aucuns refusent d’admettre qu’un tel perfectionnement de la nature, une telle complexité dans l’adaptation des êtres vivants puissent relever du hasard pur. Ce degré d’évolution ne peut qu’avoir été « dirigé », selon un plan très précis, responsable de la parfaite configuration du vivant et à sa capacité à se reproduire selon des lois d’une complexité incompréhensible pour certains.


    Et dans nos écoles européennes aujourd’hui, la menace gronde. En Italie, un décret pris en 2004 par la ministre de l'Education, Letizia Moratti, interdit l’enseignement de la théorie de l'évolution dans les lycées de la péninsule. Dans les nouveaux programmes officiels, il n’est plus fait mention de l'histoire de l'évolution de l'homme, ni des relations entre les différentes espèces, jusqu’en 2005 où la pression scientifique aboutit à la suppression du décret.


    En Belgique et dans toute l’Europe, un Atlas de la création, de 770 pages richement illustré, édité en décembre 2006 en Turquie, a été distribué gratuitement dans les établissements scolaires et dans des institutions éducatives et culturelles. Dix mille exemplaires de cet ouvrage furent imprimés. Il était signé par un certain Harun Yahya, le pseudonyme d'Adnan Oktar, un "intellectuel" turc auteur de dizaines d'ouvrages depuis les années 1980.


    Il entre bien dans les prérogatives du mouvement laïque de s’élever contre le retour de l’obscurantisme en réclamant, au même titre que la séparation entre les églises et l’Etat, la séparation de la religion et de la science. La première doit être limitée au service de ses fidèles, la seconde est universelle, et reste la seule à pouvoir traduire, selon les connaissances contemporaines et dans ces seules limites, l’histoire de l’univers, de l’apparition de la vie sur terre, et de son évolution jusqu’à nos jours et au-delà.

  • Egalité des genres

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    Vous trouverez sur le site de la Convention Laïque 2009 (cliquez sur le logo ci-contre) une nouvelle séquence vidéo sur "Egalité des genres", une semaine thématique organisée par le CAL de la province de Liège dans le cadre de la convention 2009.
    Si ce n'est fait, prenez la peine de répondre à l'enquête sur ce même site en cliquant sur "Votre avis nous intéresse".

     

  • L'Euthanasie au Grand Duché de Luxembourg

    Une info transmise par Jacqueline Herremans : le Parlement du Grand Duché de Luxembourg a voté la loi relative à l'euthanasie (31 oui, 26 non, 3 abstentions). Le Vatican était encore intervenu mais n'a guère été entendu (allocution du pape à l'ambassadeur du Lxg, lettre de l'académie de la vie).


    Attention: le Grand Duc doit encore signer cette loi... La révision de la Consitution doit encore passer en seconde lecture. Pas question dès lors de mettre déjà le mot "fin".

  • Religions et puissance publique dans l’Union Européenne

                                                  Communiqué de presse

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    Le colloque du 17 décembre à Paris, « Religions et puissance publique dans l’Union Européenne », est une atteinte au principe de séparation des Eglises et de l’Etat.
     

    L’Ambassadeur de France en Belgique, son Excellence Dominique Boché, a récemment  adressé à différents hauts responsables administratifs de l’Etat belge, une invitation à un colloque organisé à Paris le 17 décembre dans le cadre la Présidence française de l’Union Européenne sur le thème « Religions et puissance publique dans l’Union Européenne ».
     
    La Belgique s’y voit invitée, au même titre que les 26 autres pays membres de l’Union, à y déléguer un « responsable chargé au sein de l’Etat des questions religieuses ou des cultes », ainsi qu’un « prêtre ou un pasteur, un rabbin, un imam ».
     
    Le thème du colloque, « Religions et puissance publique dans l’UE », ainsi que les sujets prévus lors de la rencontre (notamment : dans quel esprit la puissance publique nourrit-elle un dialogue avec les trois principales religions) nous interpellent car il viole manifestement le principe de l’impartialité de l’Etat à l’égard des cultes et des convictions philosophiques.
     
    En quoi les Eglises et les communautés religieuses invitées auraient-elles une contribution spécifique à apporter ? Conférer à ces cultes un statut particulier, comme le suggère le colloque organisé sous l’égide de la Présidence française de l’Union, revient à établir une discrimination manifeste entre les convictions des citoyens, et en particulier entre ceux qui croient en la transcendance et ceux qui n’y croient pas.
     
    Cette invitation va à l’encontre de l’esprit et de la lettre de l’Art. 17 du projet de Traité simplifié de Lisbonne : les pouvoirs publics et l’Union Européenne n’ont pas à intervenir en la matière.
     
    En cette veille de la Commémoration du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, est-il nécessaire de rappeler que l’Union est fondée sur les principes indivisibles et universels de la dignité des hommes et des femmes, de le liberté, de l’égalité et de la solidarité ? Elle repose sur le principe de la démocratie et de l’Etat de droit.
    C’est ce que nous partageons comme patrimoine commun et que nous entendons défendre avec nos collègues européens de la Fédération Humanisme Européenne.
     
    Notre pays, suite à de nombreux combats menés par la Communauté philosophique non confessionnelle, a précisé au travers de sa Constitution et de ses lois, la nécessité du respect de la séparation des Eglises et de l’Etat.
     
    Nous dénonçons toute initiative qui viserait à réhabiliter, directement ou indirectement, l’organisation religieuse dans la société européenne. Nous le faisons au nom du modèle pluraliste, multiculturel, multiconfessionnel et tolérant que prône la laïcité.
    Nous nous opposons au fait que trois religions se verraient accorder un quelconque statut particulier dans la représentation des cultes et des conceptions philosophiques en Europe. Il s’agirait clairement d’une dérive de la liberté religieuse et plus encore de la liberté de conscience.
     
    Nous intervenons ce jour après de notre gouvernement pour qu’il ne soit pas donné suite à cette invitation.
     
    Pierre Galand,
    Président du Centre d’Action laïque

  • Laïques ? Votre opinion nous intéresse !

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    A la demande du CAL de la Province de Liège, le CLEO (Ulg) mène actuellement une enquête en ligne portant sur la laïcité dans notre région. Les questions y abordent la perception que vous avez de la laïcité en général ainsi que des valeurs qui la définissent. Votre participation est nécessaire au bon fonctionnement de notre travail, nous vous en remercions d’avance ! Nous vous prierons de bien lire les consignes avant de répondre aux questions. L’Université de Liège vous assure la confidentialité des résultats. Seuls les résultats globaux seront divulgués au CAL Liège. Avez-vous un peu de temps à nous consacrer ?

    Il y a 38 questions dans ce questionnaire. Il suffit de cliquer sur l'image ci-dessus pour y répondre…

  • Obama

    Obaerden

     

    Vu sur Actu 24 ! Et pourquoi pas ? (Allez, j'avoue, j'ai un peu choisi le cadrage…) ;-)

  • Plan stratégique du CAL

    Le 15 mars dernier, l'AG du CAL COM s’est penchée sur le plan stratégique proposant les bases de réflexions qui permettront de dessiner l'avenir à moyen terme de notre mouvement. La régionale de Liège a déjà porté toute son attention à la proposition initiale rédigée par le Président Pierre Galand, la Secrétaire générale Éliane Deproost et le Secrétaire général adjoint Jean De Brueker. Le Conseil d'Administration élargi aux Présidents d'Associations a consacré plusieurs moments d'analyse critique du texte et a formulé des amendements qui pour la plupart ont été pris en compte — comme ceux d'autres régionales d'ailleurs — par le conseil de direction et le Conseil d'Administration du CAL COM.  Sans gommer les spécificités des régionales et des associations constitutives, l'idée même de Mouvement implique des lignes directrices communes aux différentes instances qui le composent. Ce plan stratégique ouvre diverses directions qui baliseront notre cheminement, mais les voies que nous emprunterons pour tendre vers les finalités qui nous rassemblent dépendront des outils dont nous disposons chacun, des itinéraires imposés par notre expérience particulière et des méthodes que nous avons éprouvées au fil de cette expérience.   Il en ira de même de l'implication des associations membres du CAL Province de Liège. Leur participation à la démarche générale sera adaptée aux voies et moyens développés par chacune. Loin de constituer un obstacle à l'efficacité de la stratégie du mouvement, ces options particulières en constitueront toute la richesse.

    Notre démarche de consultation ne s’arrête cependant pas là. Nous attendons également de notre mouvement qu’il se situe au plus proche des citoyens, qu'ils fréquentent ou non activement notre mouvement. Nous devons informer l'ensemble de la société de nos points de vue et de nos positions sur l'organisation de celle-ci. Il serait vain de ne travailler qu'en cercles fermés, et de ne partager nos idées qu'avec un public interne, convaincu déjà de l'adéquation de nos options sociétales et de l'opportunité de nos démarches.  C'est pourquoi il est fondamental et fidèle à nos principes que chaque association membre, chaque individu impliqué dans le mouvement, chaque partenaire de nos projets, chaque personne qui s’intéresse à notre philosophie laïque s'approprient ce plan stratégique et puissent l'alimenter de son propre regard, de son analyse propre, et contribuent avec ses moyens à la construction d'une société laïque au modèle adapté aux mutations profondes et exponentielles du monde contemporain, un modèle en prise sur les réalités vécues par nos diverses composantes.   De nombreux chantiers nous attendent : les différents axes du plan stratégique proposent de réinterpeller nos valeurs laïques face aux nouveau défis et à les traduire dans un langage réactualisé et signifiant même pour les “non-initiés” à nos valeurs.


    La sensibilité du CAL Province de Liège le pousse à privilégier le pan de réflexion consacré aux comportements dits laïques par rapport à des faits de société ou des attitudes à adopter face à des choix éthiques. A maintes reprises nous avons interpellé le monde politique ou les institutions par rapport à des attitudes qui ne nous semblaient pas respectueuses de l’ensemble des citoyens, privilégiant les adeptes de communautés de pensée particulières. Notre vigilance quant au principe de séparation de l’état et de la sphère d’influence des religions ne s’est jamais relâchée. Depuis un certain temps maintenant, nous sommes sollicités par des partenaires qui se revendiquent ou non des options laïques. Notre action citoyenne doit apporter des réponses à ces interpellations qui touchent aux milieux de l’école, du planning familial, de la santé, du service public…

    C’est pourquoi nous souhaitons être interpellés aussi par les citoyens eux-mêmes, à partir — sans que cela soit limitatif — du texte du plan stratégique que vous trouverez dans la double page de Salut & Fraternité n° 62 (disponible sur demande). La convention qui se profile à l’horizon 2009 saura alors s’inspirer de vos réactions personnelles, de vos commentaires critiques sur notre mouvement et ses fondements pour que notre avenir soit en phase avec les interrogations du monde contemporain dans son ensemble. Envoyez-nous vos réactions, participez bien sûr aux multiples rendez-vous que nous vous fixerons dans les mois qui suivent, faites-nous part de vos sentiments, de vos interrogations, de vos souhaits. Nous les répercuterons dans les deux numéros suivants de Salut & Fraternité ainsi que sur le site du Cal Province de Liège. Car la mouvance laïque privilégie l’écoute, le dialogue, à tout prosélytisme qui laisserait croire que nous détenons toutes les réponses et la Vérité…

  • Les jeunes et l’engagement laïque

    N’est-il pas paradoxal que si peu de jeunes intègrent notre mouvement ? En effet, ils représentent une population qui fait souvent l’objet de toute l’attention des associations laïques. Et je ne parle pas spécialement des fêtes de la jeunesse laïque ou autres fêtes d’accueil ou de parrainage organisées par les volontaires de nos associations ou par la régionale.


    Prenons par exemple la récente réaction des Territoires de la Mémoire face à l’introduction de ce mécanisme discriminatoire que représente le « Mosquito », un appareil diffuseur d’ultrasons destiné à éloigner les jeunes — seuls capables de les entendre — des lieux où d’aucuns les estiment indésirables. La pétition lancée par Internet a réunit au moment de rédiger ces lignes près de 10.000 signatures ! Les Territoires de la Mémoire accueillent par ailleurs dans leur « Parcours symbolique » un nombre impressionnant de jeunes étudiants des écoles de la Communauté française et au-delà.


    D’autres activités ponctuelles ayant trait aux droits de l’homme, à la démocratie, à la citoyenneté, organisées par les Territoires, le CAL Province de Liège et ses associations membres réunissent des classes de tous les réseaux d’enseignement qui participent ainsi à une dynamique pédagogique qui figure parmi les objectifs privilégiés du mouvement. L’opération Triangle Rouge a rappelé et rappelle encore à des milliers de jeunes chaque année toute l’importance pour la démocratie de défendre nos valeurs de tolérance et de cultiver notre vigilance dans la lutte contre l’exclusion et l’extrême droite. Le Service Conception et Diffusion pédagogique du CAL Province de Liège, diffuse de nombreux outils à destination des enfants et des adolescents, bien qu’il concerne également le grand public.


    Dans un autre domaine, le CAL Province de Liège compte parmi ses membres trois Centres de Planning Familial. Si les jeunes n’en constituent pas le seul public, de nombreuses demandes sont liées à la contraception, à l’avortement, à la sexualité, qui concernent quand même prioritairement une population d’adolescents et de jeunes adultes. Les positions que nous défendons contre l’excision, les mariages forcés et le port du voile contribuent à défendre les libertés et la santé des jeunes filles et des jeunes femmes.


    Sur le plan des médias, des ciné-clubs Jeunesse sont proposés dans nos Espaces Laïcité de Jupille, Waremme et Seraing. La revue « Philéas et  Autobule » s’adresse à des lecteurs fréquentant l’enseignement fondamental.


    Ces exemples démontrent combien la laïcité est attentive aux respects des droits et au bien être de la jeunesse. Mais ils justifient aussi que l’on accueille au sein de la structure ce public privilégié afin qu’il nous aide à proposer des réponses toujours plus adéquates  aux problèmes et aux épreuves qu’il rencontre au quotidien. Quelques rencontres ont déjà été organisées à cette fin.  Nous lançons un appel à tous ceux et toutes celles qui souhaiteraient investir de leur temps et de leur énergie à nos côtés.

  • Responsabilité politique

    J'ai apprécié l'éditorial de Colette Braeckman dans le Soir du 4 juin, notamment lorsqu'en reconnaissant une certaine cohérence dans les propos de De Gucht sur la problématique du Congo, elle met en garde sur le fait que sa position de Ministre l'oblige à faire preuve de diplomatie, et non de se laisser aller à des pulsions ou des élans personnels !

    Cela m'a fait penser à la réaction de la Garde des Sceaux française Rachida Dati dans l'affaire du mariage annulé par le Tribunal de grande instance de Lille. Elle fut conspuée par l'Assemblée Nationale parce qu'elle prenait la défense du juge, justifiant sa position par le fait que le jugement "protégeait" la jeune femme qui demandait elle-même, semble-t-il, l'annulation de son divorce.

    Rachida Dati évoque un second argument, lié à son expérience personnelle : elle-aussi, jadis, a demandé à ce qu'on annule son mariage, parce qu'elle s'était rendu compte — un peu tard — qu'elle n'avait rien à partager avec l'homme qu'elle venait d'épouser. Le prononcé du divorce prit plusieurs années, et elle n'aurait pas souhaité que cela arrive dans la situation actuelle à la jeune épouse.

    Voilà deux arguments indignes d'une position politique protégeant le bien de la société en général et des femmes en particulier : le premier argument visant à protéger un individu au détriment de l'intérêt de la condition féminine dans son ensemble, l'autre provenant d'une expérience personnelle influençant son jugement dans ce qui relève d'une décision de justice impliquant par la jurisprudence éventuelle des conséquences indignes du respect de la dignité des femmes. Celles-ci redoubleront dès lors leurs demandes de réfections d'hymen auxquelles les gynécologues sont de plus en plus confrontés. Une dynamique cédant aux pressions religieuses et culturelles d'une communauté, contraire aux principes fondateurs de la République, ou du caractère laïque nécessaire à tout Etat qui se veut démocratique.

    L'opinion publique doit pouvoir s'exprimer, mais le politique doit prendre le parti du plus grand nombre, en décidant dans le sens du projet de société qu'il défend, fort du pouvoir délégué par le peuple qui l'a élu.



  • 6O° anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

    Declaracion Universal de los Derechos Humanos_ONULOGOComme son nom l’indique, la Déclaration Universelle des Droits Humains constitue une référence universelle. Et cependant, de plus en plus ce caractère universel est remis en question. Le communautarisme, les particularismes, les spécificités culturelles, l’emprise renouvelée des religions conjuguent leurs attaques, leurs critiques, utilisant des arguments relevant eux-mêmes des droits fondamentaux à la liberté d’opinion, d’expression, à l’autodétermination des peuples pour se dédouaner du respect de cette charte, au sens de règle fondamentale, censée s'appliquer au genre humain (1) . La notion de tolérance est détournée de sa finalité profonde pour réclamer son indépendance et son droit de se choisir son propre cadre, fusse-t-il défavorable ou discriminatoire par rapport à une tranche de population. Le 11 septembre a joué aussi un rôle dans l’entreprise de grignotage des droits de l’homme et de leur caractère universel, sous prétexte de lutte anti-terrorisme. L’ONU elle-même est en totale dérive par rapport à ce principe. De nombreux pays n’ont pas intérêt à la non différenciation face aux DH. Ils veulent protéger leur pleine capacité d’intervention pour régler leurs comptes, sans devoir en rendre à qui que ce soit. (2)

    Une société de progrès ne se conçoit pourtant pas sans cette référence qui fixe les jalons de l’évolution de l’humanité. Or l’opportunité du progrès est elle-même remise en question. C’est que les représentations du monde idéal sont diverses et parfois en totale contradiction. Certains prônent un retour à des civilisations patriarcales, à des régimes autoritaires, sans nuances, prêts à tout sacrifice, y compris humain pour que prédominent leurs valeurs, leur représentation de la société idéale, sans compromissions.

    Les enjeux ne sont pas qu’internationaux. Aujourd’hui, au sein même de la société occidentale, notre système de droit ne devrait plus s’appliquer à tous. Des voix réclament une application des lois correspondant aux pays ou aux religions d’origine des individus. Les règlements des institutions et des services publics devraient s’adapter aux édits des communautés auxquelles appartiennent les personnes concernées. Il en va ainsi du système de santé (transfusions sanguines refusées, médecins féminins exigés…), de l’école (le créationnisme opposé à l’évolutionnisme, attributs vestimentaires en contradiction avec le règlement…), du droit familial (mariages forcés, discriminations sexuelles, excisions…). On va jusqu’à revendiquer l’application de la Charia pour punir les auteurs musulmans de délits, substituant des tribunaux islamiques au système pénal de nos pays.

    Et lorsque ces déviances sont dénoncées, ont accuse les contradicteurs d’intolérance et de racisme, d’irrespect des cultures exogènes. On oppose les notions particulières de liberté, comme par exemple cet interdit de représentation du prophète en image dans une société où la liberté de la presse est garantie, ou la liberté de porter le voile la où le port du couvre-chef est interdit, alors que l’on sait que des femmes ne se soumettent pas à cette coutume librement, mais bien sous la pression des hommes.

    Et cette notion de liberté est par ailleurs soumise à des interprétations diverses entre individus d’une même société. On le perçoit dans cette contradiction entre la notion de liberté d’expression et d’opinion qui permet de relayer des thèses d’extrême droite mettant en péril précisément les libertés des citoyens. Le texte de la DUDH permet-il de prendre attitude dans ce genre de débat ? Nous avons tendance à le croire, encore faut-il le vérifier, apprendre à utiliser cet outil, et arriver à le défendre face à des initiatives qui revisitent le droit universel, comme la Convention européenne des droits de l’homme, en retrait par rapport au texte universel. Notre système de droit est aussi mis à mal par les régles du commerce international qui semblent de plus en plus être considérées comme la réelle référence universelle. A quand la DUDF : la Déclaration Universelle des Droits de la Finance ?

    Voilà pourquoi il nous apparaît indispensable et urgent de mettre en question notre texte, voté par l’ONU en 1948, qui trouve son origine dans la révolution française (3), de le mettre à l’épreuve de l’actualité, de le confronter à notre quotidien, à des situations que nous sommes appelés à rencontrer de plus en plus dans notre travail, dans nos milieux de vie., dans l’actualité. C’est tout le sens des débats citoyens à l'occasion des multiples rendez-vous fixés par nos associations et par le CAL Province de Liège. Ils devraient nous aider à choisir des attitudes cohérentes avec nos valeurs, et à adopter des stratégies de défense des textes fondateurs de la société idéale que nous sommes appelés à construire pour les générations à venir. Nous aidant ainsi à toujours privilégier la réflexion et la raison aux injonctions.


    1 Malheureusement, en termes de droit, cette déclaration n’a de valeur que de recommandation et n’a pu être traduite telle quelle dans les légistations nationales.


    2 Journaliste à l'ONU depuis 1970 et auteur d'un livre intitulé L'ONU contre les droits de l'homme (Mille et une nuits, 2003, avec Claude B. Levenson), Jean-Claude Buhrer est encore plus pessimiste: "L'acharnement à détourner le Conseil de ses objectifs est tel qu'il devient nécessaire de s'interroger sur l'avenir de cet organe. Il est en train de vider de leur substance les principes qu'il est censé promouvoir et défendre."


    3 Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

  • Bilan 2007 au CAL Province de Liège

    L’année 2007 nous a donné l’occasion d’approfondir une thématique qui s’insère de plus en plus dans notre sphère de préoccupations, car par de nombreux aspects elle heurte notre sensibilité, nos valeurs, nos opinions : l’égalité des genres, les atteintes aux droits de la femme dans le monde en général et dans nos sociétés occidentales en particulier, ces faits qu’on pourraient appeler divers s’ils n’étaient autant empreints de soufrance, de détresse physique et morale, et qui ont pour noms excision, viol systématique, bannissement consécutif, rejet pour cause de virginité perdue…

    Quelle attitude devons-nous adopter face à ces drames, face à ces femmes qui n'ont pour toute issue que de demander aux médecins, ou dans nos centres de planning familial, de leur reconstituer l’hymen, de leur fournir un certificat de virginité, d’être auscultées par des gynécologues féminins ?

    Faut-il adapter nos lois et nos règlements à ces exigences communautaires ? Faut-il accepter que nos écoles nuancent leurs exigences d’égalité dans la fréquentation des aires sportives, multiplient les particularismes dans les cantines, tolèrent des tenues vestimentaires dangereuses ou inappropriées ?

    Quels sont nos référents laïques ? Selon quelles valeurs devons-nous trancher dans les dilemmes auxquels nous sommes confrontés ? À quel cadre pouvons-nous nous fier pour décider, choisir ?

    Ce cadre, n’est-ce pas notre vision de la société de demain ? Celle que nous voulons espérer pour les générations futures ? Une société où nos valeurs d’égalité, d’humanisme, de liberté se seront imposées, pour le bien collectif. Dans les choix que nous posons aujourd’hui, n’est-ce pas cette société-là que nous contribuons à construire ? Sans dogmatisme, sans imposer de modèle par la force, mais bien par la persuasion. Si nous refusons d’accéder à certaines demandes particulières certes compréhensibles, aux enjeux aîgus et douloureux parfois, c’est qu’il s’agit pour nous de privilégier le bien de tous, et de lutter contre les atteintes aux droits des populations les plus faibles, ou d’une partie de la population soumise à l’autre sans autre raison que celle du plus fort.

    Nous sommes des utopistes, certes, mais non de doux rêveurs : nous défendons une utopie opérative, qui puisse nous servir de cadre dans nos choix et nos positions, pour construire la cité de demain.

    Par les débats, conférences, prises de position que nous organisons au sein du mouvement, du niveau communautaire jusqu’au niveau local, c’est bien cette utopie que nous défendons, qui constituera notre point de ralliement, contrairement aux religions qui tentent d’imposer la sauvegarde de ce monde du passé, asservi, soumis aux intérêts des dominants, dans l’attente d’un hypothétique bonheur dans un autre monde, une cité céleste.

    Merci aux associations membres et aux permanents du CAL de participer à cette longue marche vers une finalité humaniste et non une hypothétique et éthérée béatitude désincarnée.

    La tâche est importante, et les attentes sont prégnantes. Nous nous devons de nous y atteler et d’y répondre avec toute notre conviction et notre énergie.

  • Traditions, religions… émancipation ? La Laïcité, un atout pour les femmes.

    CONGRES DU XXXème ANNIVERSAIRE DU CENTRE D’ACTION LAIQUE DE LA PROVINCE DE LIEGE

    17 novembre 2007
     
     
     
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     A l’occasion de son XXXème anniversaire, le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège a organisé un congrès réaffirmant toute l’importance de l’égalité des genres comme principe fondamental des droits humains et de leur universalisme.

    En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’aurait pas d’intérêt s’il n’était un texte fondateur pour l’humanité entière. Et l’humanité inclut  les femmes – mieux, elle repose sur elles.

    Nous pensons que l’humanité est une et indivisible. Les principes de liberté, d’égalité, de fraternité, de sororité, de laïcité et de solidarité sont interdépendants. L’égalité des hommes et des femmes et l’égalité entre toutes les femmes de la planète doivent prédominer sur tout particularisme ethnique et religieux. La complaisance envers tel communautarisme, tel intégrisme est criminel : l’émancipation humaine ne peut être refusée à quelque catégorie d’individus que ce soit.

    Nous voulons rappeler avec insistance le lien fort qui unit laïcité et citoyenneté : la première prône la liberté de conscience, le libre choix, et la séparation du politique et du religieux. La seconde se traduit par l’exercice des droits fondamentaux.

    Le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège est attentif et actif pour la défense de ces deux aspects indispensables à la protection et à l’évolution de nos démocraties, tout comme pour la poursuite des valeurs fondatrices de notre mouvement.

    De nombreuses associations laïques se sont impliquées dans  l’avancement de notre travail de réflexion lors des débats « pré-congrès ». Dix-huit activités se sont déroulées en province de Liège, qui furent autant de rencontres complémentaires aux trois rassemblements organisés par le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège à Seraing, Waremme et Verviers.

    Ce travail préparatoire (plus de 600 participants ont contribué à enrichir le débat) a permis d’exprimer de nombreux constats. Le premier fut celui de la contribution des religions au processus de sédimentation des rôles et des prérogatives de chaque sexe. Le religieux a instrumentalisé et perpétué dans le monde l’ensemble des discriminations dont étaient — et sont toujours — victimes les femmes.

    Bien sûr le dogme englobe l’ensemble des populations, mais avec un accent particulier vis-à-vis des femmes. Pourtant, aucune histoire, aucun héritage, aucune religion, culture ou tradition ne peuvent justifier les inégalités et la marginalisation qu’elles subissent.

    L'amélioration du statut de la femme dépend d’une prise de conscience collective : toute société doit reconnaître que l’attribution du statut social de l’individu ne doit rien au sexe auquel il appartient ; qu'avant d'être un homme ou une femme, on est d’abord un être humain et que dès lors nulle tâche n'est assignée par nature à l’une ou à l’autre.

    Aucune religion, aucune coutume ne justifie qu’on asservisse les femmes, qu’on leur impose un époux, qu’on les humilie, qu’on les prive des droits élémentaires de la personne. Aucune religion, aucune coutume ne justifient qu’on supprime, qu’on mutile les petites filles, qu’on les vende ou qu’on les prostitue. Aucune religion, aucune coutume ne justifie qu’on assassine, qu’on brûle, qu’on torture, qu’on lapide, qu’on viole une femme parce qu’elle est une femme.

    Et à l’occasion du 60° anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, nous le réaffirmons avec force.

    Hervé Persain

     

  • Ca se discute (très peu finalement !)

    J'ai eu l'occasion de servir de chauffeur à Anne Morelli lorsqu'elle est venue à Waremme pour le pré-congrès du CAL à l'Espace Laïcité. Elle nous a longuement relaté son expérience à l'émission de Delarue où elle fut quelque peu chahutée. Mon amis Francis m'a justement envoyé le récit qu'elle en fait…

    "Ça se discute", 19 septembre 2007
     
     
     
    par Anne Morelli, directrice adjointe du Centre Interdisciplinaire d'Études des Religions et de la Laïcité à l'Université Libre de Bruxelles (CIERL-ULB)


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    Il y a plus de dix ans que Serge Halimi, et encore avant lui Pierre Bourdieu nous avaient prévenus : la télévision française est un contre-modèle d'information libre et équilibrée. Elle ne présente que des points de vue convenus, en harmonie avec les positions du pouvoir et n'accorde aucun espace aux dissidents qu'elle se refuse à inviter ou qu'elle censure sur le plateau.
     
     Mais vous connaissez le conte d'Alphonse Daudet "La chèvre de monsieur Seguin". La petite chèvre sait très bien que toutes celles qui l'ont précédée à aller dans la montagne se sont fait dévorer par le loup, mais elle entend tout de même l'affronter. Elle se fie à ses petites cornes si pointues...
     
     Telle la chèvre de M. Seguin, je pensais être suffisamment aguerrie aux médias pour ne pas être piégée par une invitation de France2. Je suis une vieille habituée des débats de RTL et d'émissions de la télévision belge (RTBF et VRT). J'y suis invitée soit comme "expert" (en matière historique ou religieuse) ou comme représentante de la laïcité. J'y suis toujours traitée avec respect : le débat peut être vif, c'est parfois le cas avec des représentants religieux, mais "Controverse" par exemple, est enregistrée à RTL en temps réel, le plus souvent en direct et aucune coupure n'y est réalisée.
     
     Ma seule expérience française (la regrettée émission "Arrêt sur image") m'avait semblé correcte et j'ai donc tendu une oreille attentive à l'invitation qui m'était faite par France2. Une charmante assistante me demandait de participer à une émission dont j'ignorais tout et qu'elle me présenta comme étant un débat contradictoire sur les nouveaux mouvements religieux. Il s'agissait de "Ça se discute" de Jean-Luc Delarue.
     La jeune assistante demanda à pouvoir recevoir et lire mes livres sur le sujet et m'en fit un résumé correct qui devait, disait-elle, servir de base à la construction de l'émission. Elle me promit qu'ils seraient présentés en cours d'émission.
     
     Un peu inquiète de ce qu'on me disait de Delarue, j'ai demandé à recevoir des assurances sur le caractère sérieux de l'intervention que je ferais dans l'émission et sur le caractère véritablement contradictoire du débat. Il m'a été répondu fermement que des victimes de la "chasse aux sectes" étaient invitées à venir s'exprimer autant que des victimes de "sectes". Rassurée, j'accepte de participer à l'émission dont la date est fixée au 5 septembre.

     Deux jours avant cette date, l'assistante me rappelle : le titre de l'émission a changé et intègre le mot  péjoratif “gourou” " et par ailleurs elle ne se déroulera pas en direct. Le contenu de l'émission doit être supervisé par les instances de la chaîne, elle sera tournée en différé et montée. En outre on me fait part d'une bien étrange consigne : pour éviter toute publicité (sic) pour l'une ou l'autre "secte", je suis priée de ne prononcer le nom d'aucune d'entre elles !
     Je pensais faire un parallèle entre le caractère aussi absurde ou raisonnable des croyances raëliennes et chrétiennes mais je suis estomaquée de devoir transformer "Raël" par "Tralalala". A ma question de savoir si je pourrais néanmoins citer les Chartreux, l'assistante ne flairant pas mon piège, me répond innocemment que "pour eux évidemment, il n'y a pas de problème" !
     
     Le tournage étant plus tôt dans la journée que le direct prévu initialement, et les soutenances de mémoire ne me permettant pas de quitter Bruxelles plus tôt, France2 n'hésite pas à m'envoyer à la gare du Nord un motard pour me conduire rapidement en ses studios. J'y découvre là un Barnum invraisemblable : les "spectateurs" sont en fait des figurants dociles qu'on chauffe et parmi lesquels, les responsables de l'émission - théoriquement ouverte au public ! - ont vite fait de repérer des personnes qui ont pris pour argent comptant ce caractère officiellement libre d'accès à l'émission mais qui y sont indésirables. Une dame, nullement violente, ni sale, ni agressive est ainsi vouée à l'expulsion. On tente d'abord de la persuader fermement de quitter les gradins. Comme elle ne s'y résoud pas, deux barbouzes la soulèvent, la couchent et l'enlèvent, l'un la tenant par les pieds, l'autre par les épaules ! La scène n'apparaîtra évidemment pas à l'écran !
     
     Par ailleurs, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Sectes : MIVILUDES, est intervenue en dernière minute, pour que ne soient pas admises à témoigner les victimes de la chasse aux sectes, pourtant dûment invitées (billet de train et hôtel déjà payés) et présentes.
     
     L'émission s'intitule "Ça se discute" mais en réalité aucune discussion n'est possible : les "victimes des sectes" seules ont la parole. Elles sont invitées, une à une, à venir témoigner très longuement d'histoires tragiques et émouvantes qui leur sont advenues il y a parfois plus de vingt-cinq ans.
     
     Un psychothérapeute, issu comme moi de l'Université de Bruxelles, a été invité à parler de sa pratique. Jean-Luc Delarue le traite avec une ironie agressive et dès qu'il commence ses explications, le présentateur l'interrompt (par deux fois) pour dire : "On ne va pas rester ici toute la nuit à vous écouter". A la deuxième interruption, ce monsieur se lève dignement et quitte le plateau.
     
     A la représentante de la MIVILUDES, par contre, le temps n'est en rien compté et elle seule peut intervenir pendant toute l'émission et sur tous les sujets.
     
     Quant à moi, après une attente de deux heures en périphérie du plateau (la seule corbeille de fruits secs y porte une insolente mention "réservée” et est réservée au seul M. Delarue !), j'y suis finalement introduite en fin d'émission. Avant de m'asseoir sur le siège que vient de quitter le psychothérapeute, je demande à Delarue s'il me traitera plus poliment que son invité précédent mais ce sera à peine le cas. Le temps presse et lorsque j'entame un parallèle avec des pratiques "nuisibles" des grandes religions, Delarue m'interrompt pour dire : "Il me semble que vous avez un fameux problème avec la religion catholique". Ses moqueries sont relayées automatiquement par le rire (enregistré ou spontané ?) du public.
     Au moment où l'un des témoins profère une énormité, je me décide à intervenir mais... mon micro est fermé. Il est totalement impossible de discuter à "Ça se discute". De mes livres, il n'a évidemment pas été question.
     Je comprends pourquoi aucun groupement religieux accusé d’être une "secte" ne doit accepter de participer à de telles parodies de débat. Cette émission a hélas obtenu en 2000 et 2003 le prix du "meilleur magasine de société".
     Moi-même, je me repens d'être innocemment tombée dans ce piège qui ranime l'hystérie anti-sectes et n'offre aucun espace de discussion.
     
     Sur le trottoir des studios, des responsables de la MIVILUDES se félicitent de l'excellent résultat obtenu. Ils ont ranimé l'angoisse et la phobie anti-sectes qui, en France, assurent leur étrange emploi, inconnu dans la plupart des autres pays.
     Des personnes, dûment invitées mais empêchées de parler, pestent sur le temps qu'on leur a fait perdre.
     L'assistante rappelle les figurants qui, en bâillant, rejoignent le tournage de l'émission show suivante.
     L'oreille basse, je pars chercher dans Paris un restaurant qui puisse m'offrir pour 15 euros (c'est le maximum qui m'a été attribué !) un repas du soir avec boisson (Mac Do peut-être ?). Il me restera à me faire rembourser, via des formalités compliquées, l'argent que j'ai avancé pour le train et ce plantureux repas, et surtout à méditer sur les risques de vouloir toujours tout vérifier par soi-même selon le principe du libre examen qui soutient l'enseignement de mon Université.... 

  • La femme, étalon de la démocratie

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    Cet aphorisme n’est pas qu’un clin d’œil. Si l’on situe la discrimination de genre comme la plus répandue au monde puisqu’elle touche potentiellement plus de la moitié de l’humanité, qu’elle n’épargne aucune nation, quelle est une menace pour toute société, au sein même de chaque famille, nous ne pouvons qu’admettre la condition féminine en tant qu’archétype du respect du principe d’égalité d’un peuple et de son degré d’évolution.

    Le combat pour l’égalité des genres ne peut donc se cantonner aux associations féminines et féministes. Il s’impose à tous ceux et toutes celles qui défendent les droits humains et poursuivent les idéaux d’égalité, de démocratie, de fraternité et… de sororité. (Notre lexique, reflet de notre culture, a lui-même bien du mal à considérer l’élément féminin sur le même pied que l’élément masculin !)

    Et si nous ajoutons à l’argument d’universalisme de la question d’égalité entre hommes et femmes, la fonction remplie par les religions dans l’asservissement de la gent féminine aux détenteurs mâles de la vérité, il est plus évident encore que la mouvance laïque s’investisse dans cette lutte. Elle s’y emploie par ailleurs en parfaite cohérence avec son engagement contre l’extrême droite. La vision rétrograde, méprisante, hostile que celle-ci manifeste à l’égard de la femme constitue une des caractéristiques transversales majeures des ces idéologies haineuses et machistes.

    Voilà pourquoi, s’il fallait justifier de notre engagement dans cette quête d’égalité, l’ensemble des services du CAL Province de Liège et un grand nombre d’associations fédérées dans les trois régions (Liège, Huy-Waremme et Verviers) de la Province, on souhaité s’impliquer dans cette cause, dans la phase de préparation et de réflexion ainsi que lors de la journée du 17 novembre, portés par l’élan des congrès précédents. En 1997, nous osions réaffirmer notre désir d’utopie, moteur de changement social. En 2002, nous lancions le pari d’une société empreinte d’humanisme, de solidarité, en évoquant le besoin incontournable de laïcité dans la cité. En 2007, nous nous attaquons à l’obstacle qui gangrène l’humanité depuis les origines et osons opposer aux arguments réducteurs et réactionnaires de respect des lois de la nature, des conceptions liées à l’intelligence et à l’amour de l’autre, plutôt qu’aux rapports de force et de domination. Et nous affirmons haut et fort que la laïcité est un atout pour les femmes, partant, pour l’humanité entière.

    Venez prolonger la réflexion avec nous lors du congrès du 17/11. Cliquez sur le visuel pour obtenir tous les renseignements voulus.

  • "Le paradis est-il indispensable au bonheur ?"

    Débat organisé le mercredi 7 novembre 2007 à 20h en l'Espace Saint-Mengold, Place Verte à Huy (derrière l'Hôtel de Ville)

     
    Les invités :
     
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    Baudouin Charpentier, vicaire épiscopal des pastorales spécialisées "Évangile et vie" au diocèse de Liège. Ce vicariat comprend notamment différents départements: la pastorale des jeunes, la pastorale des sanctuaires et des pèlerinages, la pastorale hospitalière et carcérale, l'entraide et la solidarité, les relations avec les institutions sociales et de santé, les relations avec les mouvements de jeunes et les mouvements d'adultes.  Il est aussi Président de Radio Chrétienne Francophone et responsable du Service Diocésain des Jeunes.
     
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    Jérôme Jamin, philosophe, docteur en sciences Politiques et Sociales, chercheur au Centre d'Etudes de l'Ethnicité et des Migrations de l’Institut des sciences humaines et sociales de l'ULg, membre d'Adogma, association qui a pour but de promouvoir l’athéisme et toute forme de pensée non dogmatique comme alternative aux systèmes philosophiques religieux, rédacteur en chef de la revue « Aide-Mémoire » des Territoires de la Mémoire, chroniqueur à la revue "Politique", auteur de livres de géopolitique, sur les migrations et sur l'extrême droite. 
     
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    Luc Nefontaine, Docteur en philosophie et lettres de l'Université Libre de Bruxelles, licencié-agrégé en sciences religieuses de l'Université catholique de Louvain, collaborateur scientifique et chargé de cours au Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité (CIERL) de l'ULB, spécialiste de l'histoire de la laïcité, de la libre-pensée, du rationalisme et de la franc-maçonnerie, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur ces thématiques, et tout spécialement sur la Franc-Maçonnerie. Il dirige actuellement la Chaire Théodore Verhaegen consacrée à la maçonnologie.
     
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    Marcel Rainkin, philosophe, licencié en philologie romane, docteur en philosophie et lettres de l'ULg, professeur honoraire de philosophie dans l'enseignement supérieur. D.E.C. en sciences des religions à l'UCL. Actuellement professeur d'histoire des religions à l'université du 3e âge de Liège. Il a rédigé ou contribué à plusieurs ouvrages sur l'enseignement, la littérature, ainsi qu'une introduction à la philosophie. Il a travaillé pendant trois ans à l'université de Kairouan-Sousse (Tunisie). Après un passage par le marxisme et l'athéïsme, il se présente volontiers aujourd'hui comme un agnostique à tendance spiritualiste.

     
    Le débat : 
     
    Quel est l'enjeu, la fonction du paradis, hier et aujourd'hui, dans les différentes religions ?

    Quel sens trouve-t-on ici et maintenant à notre passage sur terre, si l'on ne se réfère pas au paradis, au bonheur après la vie, à un au-delà rédempteur (notion de "désespérance") ?
    Quelles valeurs président à l'existence des humains qui se distancient des dogmes de la religion ? Le "paradis" sur terre est-il une utopie ? Est-il indispensable ?

    Qu'est-ce qui distingue l'athée de l'agnostique, le libre-penseur du laïque, le franc-maçon du profane ? Quelles clefs peuvent fournir la Libre-Pensée, la Laïcité, l'Athéïsme, La Franc-Maçonnerie… ?


    Les intervenants seront ensuite amenés à répondre aux interpellations du public.
     
    Le dessinateur de presse Jacques Sondron illustrera le propos de ses caricatures, et Hervé Persain, animateur au Centre culturel de Huy, mènera le débat.

    Entrée libre
     
     Info et réservation :
    Centre culturel de Huy
    Hervé Persain
    Avenue Delchambre, 7A
    4500 Huy
    085 23 53 09
    herve.persain@ccah.be

  • Nouvelle photo de l'ELW

    20070619_waremme_espaceL'inauguration de l'ELW a réunit ce samedi 29/9/07 une bonne centaine de sympathisants dont les Ministres Courard et Tarabella, le député-Bourgmestre Coëme, les députés Meureau et Collignon,  le 1er député provincial Gilles, ainsi que des bourgmestres, échevins et conseillers communaux de la région. Plusieurs associations laïques et des administrateurs du CAL étaient aussi présents.
    Comme l'a dit notre Présidente Jacqueline Gihousse, la Maison de la Laïcité a un nouveau toit, qui accueillera ceux qui, "dans un esprit indépendant de toute confession, optent pour une société plus juste, plus fraternelle en favorisant l’autonomie et la responsabilité des individus et des collectivités".

  • La Campagne Triangle Rouge des Territoires de la Mémoire

    HerveTriangleA un mois des élections législatives, les Territoires de la Mémoires ont donc décidé de lancer une nouvelle campagne de communication « Triangle Rouge : label Citoyen, pour résister aux idées d’extrême droite ». Celle-ci véhiculera un message résolument positif : la progression des idées d’extrême droite n’est pas inéluctable, le cordon sanitaire citoyen se renforce et le « harcèlement démocratique » (qu’il soit associatif, politique, judiciaire ou médiatique) se poursuit de manière intensive.

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  • Retro septembre 2006 : l’exposition « Au cœur du labyrinthe institutionnel belge et européen »

    jperd Le résultat en fait d’une volonté partagée par des partenaires publics et associatifs de soutenir la démocratie et de lutter contre l’extrême droite.Des bibliothèques publiques (dont celle du Jardin Perdu) et des librairies, en Province de Liège, ont souhaité manifester leur attachement à la démocratie, en signant la charte « Aux livres, citoyens ! ».

    Cette opération a été initiée par le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège etl’ASBL les « Territoires de la Mémoire » et s’est tenue à la bibliothèque du Jardin Perdu, à Seraing.

    Voir l'article complet de Proxi-Liège en cliquant sur la photo.

  • Gauche ou droite ?

    La pilarisation bicentenaire de notre société est remise en question. Aujourd’hui la tendance à l’ouverture se généralise à tous les partis, et contribue à la perte de spécificité de chacun.

    Le parti humaniste a remplacé le parti social chrétien et sème le trouble à la fois sur le plan politique et philosophique.
    Joëlle Milquet se situe au centre dans le champs socio-économique, mais ne se reconnaît pas à droite dans celui des enjeux de société non-matérialiste.
    Charles Michel nie à terme le clivage gauche-droite et veut sortir l’économique du débat.

    Un des arguments de ceux qui sont contre le cordon sanitaire (ce qui n’est pas notre cas) est que comme tous les partis se confondent en un bloc (si j’ose dire), on se coupe d’une opposition crédible, et seul l’extrême-droite joue ce rôle, risquant de bénéficier des voix des mécontents.

    L’électeur a de plus en plus de mal à exprimer son choix sur base d'arguments clairs, biens définis. Les partis ont une image lissée, comme les débats idéologiques, qui cèdent le pas à la démagogie et aux positions électoralistes. La démocratie nécessite pourtant le débat.

    Par ailleurs, on assiste à la perte de pouvoir du politique face aux enjeux économiques « qui le dépassent », comme on entend trop souvent dire.
    Les affaires qui font la une des journaux achèvent de ternir l’image du politique. Tout cela offre un terreau fertile aux slogans d’extrême-droite : « Tous pareils, tous pourris »

    piliers_1La laïcité évolue parallèlement. Des deux piliers de notre action, le politique prend le pas de plus en plus sur le philosophique, le Centre d'Action Laïque de la Province de Liège investissant principalement le premier, laissant le second traditionnellement aux comités locaux. Notre option laïque est cependant de défendre à tous niveaux, local et régional, les idéaux démocratiques en contribuant à redorer le blason du politique.

    Tant dans l’ancrage local des équipes de Seraing ou de Jupille que dans l’engagement des travailleurs dans les forums sociaux, dans les projets contre l’extrême-droite et pour la citoyenneté, dans les manifestations comme celles qui se tiendront lundi à l’occasion de l’installation des conseils communaux qui accueillent des élus d’ED (à Liège, Verviers et Dison), ils se situent pleinement dans le champs politique.

    Il est donc indispensable de se poser les questions fondamentales : comment nous situons-nous politiquement ? Quelles valeurs défendons-nous dans notre engagement ?