Actualité

  • Scoop it !

  • Réflexion et tristesse après l'affreux drame de la place St Lambert et les réactions parfois navrantes sur le web

    La stupeur d'un visage si sombre de la société, de l'humanité, qui surgit à nos portes, dans notre ville, et qui touche des personnes qui nous sont proches, la sauvagerie d'une vengeance personnelle au détriment de tant de victimes innocentes soulèvent une vague de révolte au sein de la population.

    Cette explosion de violence fait éclater chez un grand nombre de citoyens des réactions passionnelles aux accents de racisme primaire. Or ce n'est pas un peuple qui s'est livré à cette folie meurtrière. Non, l'auteur de cette abomination est un individu au passé chargé sur le plan de la multi criminalité. Son geste n'est pas celui d'une communauté. Il a d'ailleurs touché l'ensemble de la population, et la souffrance des proches des victimes s'est étendue aux citoyennes et citoyens de toutes les origines.

    C'est justement l'absence d'explication cohérente à ce traumatisme qui pousse la population à désigner des boucs émissaires pour tenter d'identifier d'illusoires raisons à ce déchainement de violence. Point de croisade religieuse, point d'enjeu politique, point de guerre des gangs dans cette arène sanglante.

    Notre humanité fait face dans ce genre d'épreuve à sa réalité profonde. Oui, l'être humain est capable d'actes insensés. Ils se retrouvent dans toute société, du Nord comme du Sud, de l'Occident à l'Orient. Face à cette vision insoutenable, le défit est grand : il s'agit de prouver que notre humanité peut opter pour des valeurs positives, qui nous font progresser dans la recherche de rapports plus justes, plus respectueux entre les êtres, vers une société plus harmonieuse, fondée sur l'amour mutuel plutôt que sur le rejet des autres, de la différence, dans un univers ségrégationniste où il ne serait possible de se côtoyer qu'entre mêmes.

    Notre plus grand espoir, dans cette circonstance, après avoir rendu hommage aux victimes et à leurs proches, est que la haine ne fasse pas écho à la haine, que la vengeance ne réponde pas à la vengeance.

    HP

  • Dieudonné en procès

    L'humoriste s'est vu accuser d'injures racistes pour avoir invité Robert Faurisson, révisionniste emblématique, à monter sur scène pour recevoir le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence des mains d'une personne déguisée en déporté juif. Si nous ne pouvons que nous réjouir de voir la justice combattre des actes racistes, les attendus du parquet de Paris nous laissent pantois : "Injures commises à l'encontre d'une religion" ! Ce n'est pourtant pas la religion juive que les nazis ont voulu exterminer, mais bien le peuple juif. La nuance est d'importance, car ou s'arrêtera la justice si elle combat ainsi les atteintes à la respectabilité des religions ? L'Holocauste ne constituait pas un enjeux antireligieux, mais bien raciste, non ?

  • Rwanda, 15 ans déjà

    EnteteCALCOM

    Une minute de silence pour combattre l’oubli du génocide.
     
    Pour ne pas oublier l’horreur, pour ne pas reposer les consciences, pour penser à tout ce qui n’a pas été fait pour éviter le massacre, pour tout mettre en œuvre pour ne pas le revivre.
     
    Pour ne pas garder la fausse impression, que ça s’est passé très loin et pour des raisons auxquelles on serait totalement étranger.
     
    Le 6 avril 1994 ont commencé les massacres à l’encontre des Tutsi et des Hutu modérés, cette date correspondant à la mort du Président Juvénal Habyarimana.
    Les atrocités durèrent jusqu’en juin 1994.
     
    L’incapacité de réaction de cet ensemble flou qu’est la communauté internationale est insoutenable. Cette communauté n’a pas pu, n’a pas voulu intervenir… mais sait au moins se souvenir.
     
    C’est pourquoi le CAL appelle tous les membres de la communauté non confessionnelle, tous les démocrates, toutes les personnes attachées à la défense des droits de l’homme à faire un effort de mémoire et à respecter une minute de silence le 7 avril à 12h00 en souvenir des 800.000 enfants, femmes et hommes massacrés en 1994.
     
     
    --
    Centre d'Action Laïque asbl
    Campus de la Plaine ULB, CP236
    Avenue Arnaud Fraiteur
    1050 Bruxelles, Belgique
    T.: 02/627.68.11
    F.: 02/627.68.01
    cal@ulb.ac.be - www.laicite.be

  • DISCRIMINATION – Cour constitutionnelle

    Dans un arrêt prononcé le 12 février 2009, La Cour constitutionnelle a rejeté le recours en annulation introduit par un collectif de citoyens à l’encontre des lois antidiscrimination du 10 mai 2007.

    La Cour constitutionnelle n’a donc pas adhéré à la critique selon laquelle lesdites lois sont trop vagues ou formulées de manière trop large. La liberté d’expression, la liberté de religion et la liberté d’association ne sont, d’après l’arrêt de la Cour, pas mises en péril par une interdiction de poser des actes discriminatoires. Les sanctions pénales attachées à des délits tels que l’incitation à la discrimination, à la haine, à la violence, à la ségrégation ou encore l’interdiction de diffuser des idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale ont également obtenu l’approbation de la Cour constitutionnelle.

    Source : NERIOS-NEWS n° 47 – mars 2009

  • A quand la politique migratoire humaine promise ?

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    Pour la toute première fois, la laïcité et les cultes reconnus adoptent une position commune et interpellent, d’une seule voix, le gouvernement à propos de la politique d’asile et, singulièrement, des sans-papiers.
     
    « A quand la politique migratoire humaine promise ? »
     
    Nous, représentants de tous les cultes et communautés philosophiques officiellement reconnus en Belgique – interpellons une fois de plus notre gouvernement fédéral. Nous lui demandons de décider d’une législation globale qui sorte les sans-papiers du désarroi causé par l’incertitude juridique. Nous l’invitons à mettre en route une politique de régularisation réaliste, juste et généreuse. Si nous sommes conscients que notre pays ne peut accueillir tout le monde, il est clair en contrepartie qu’il faut unir nos efforts au maximum et sans tarder pour améliorer les conditions de vie ailleurs dans le monde. Nous sollicitons donc par la présente une fidèle mise en œuvre des mesures promises dans l’accord de gouvernement.
    Vu l’urgence humanitaire de la situation, tout atermoiement à solutionner cette question serait moralement irresponsable.
     
    Les cultes et communautés philosophiques officiellement reconnus en Belgique :
     
    L’Eglise Anglicane en Belgique
    L’Union Bouddhique belge
    L’Eglise Catholique en Belgique
    Le Consistoire Israélite Central de Belgique
    Le Centre d’Action Laïque
    L’Exécutif des Musulmans de Belgique
    L’Eglise Orthodoxe en Belgique
    Le Conseil Administratif du Culte Protestant Evangélique
     
     
     
    Pour toute info complémentaire, veuillez contacter Eliane Deproost, au 0476/72 36 78.
    --
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    1050 Bruxelles, Belgique
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  • Egalité des genres

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    Vous trouverez sur le site de la Convention Laïque 2009 (cliquez sur le logo ci-contre) une nouvelle séquence vidéo sur "Egalité des genres", une semaine thématique organisée par le CAL de la province de Liège dans le cadre de la convention 2009.
    Si ce n'est fait, prenez la peine de répondre à l'enquête sur ce même site en cliquant sur "Votre avis nous intéresse".

     

  • L'Euthanasie au Grand Duché de Luxembourg

    Une info transmise par Jacqueline Herremans : le Parlement du Grand Duché de Luxembourg a voté la loi relative à l'euthanasie (31 oui, 26 non, 3 abstentions). Le Vatican était encore intervenu mais n'a guère été entendu (allocution du pape à l'ambassadeur du Lxg, lettre de l'académie de la vie).


    Attention: le Grand Duc doit encore signer cette loi... La révision de la Consitution doit encore passer en seconde lecture. Pas question dès lors de mettre déjà le mot "fin".

  • Religions et puissance publique dans l’Union Européenne

                                                  Communiqué de presse

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    Le colloque du 17 décembre à Paris, « Religions et puissance publique dans l’Union Européenne », est une atteinte au principe de séparation des Eglises et de l’Etat.
     

    L’Ambassadeur de France en Belgique, son Excellence Dominique Boché, a récemment  adressé à différents hauts responsables administratifs de l’Etat belge, une invitation à un colloque organisé à Paris le 17 décembre dans le cadre la Présidence française de l’Union Européenne sur le thème « Religions et puissance publique dans l’Union Européenne ».
     
    La Belgique s’y voit invitée, au même titre que les 26 autres pays membres de l’Union, à y déléguer un « responsable chargé au sein de l’Etat des questions religieuses ou des cultes », ainsi qu’un « prêtre ou un pasteur, un rabbin, un imam ».
     
    Le thème du colloque, « Religions et puissance publique dans l’UE », ainsi que les sujets prévus lors de la rencontre (notamment : dans quel esprit la puissance publique nourrit-elle un dialogue avec les trois principales religions) nous interpellent car il viole manifestement le principe de l’impartialité de l’Etat à l’égard des cultes et des convictions philosophiques.
     
    En quoi les Eglises et les communautés religieuses invitées auraient-elles une contribution spécifique à apporter ? Conférer à ces cultes un statut particulier, comme le suggère le colloque organisé sous l’égide de la Présidence française de l’Union, revient à établir une discrimination manifeste entre les convictions des citoyens, et en particulier entre ceux qui croient en la transcendance et ceux qui n’y croient pas.
     
    Cette invitation va à l’encontre de l’esprit et de la lettre de l’Art. 17 du projet de Traité simplifié de Lisbonne : les pouvoirs publics et l’Union Européenne n’ont pas à intervenir en la matière.
     
    En cette veille de la Commémoration du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, est-il nécessaire de rappeler que l’Union est fondée sur les principes indivisibles et universels de la dignité des hommes et des femmes, de le liberté, de l’égalité et de la solidarité ? Elle repose sur le principe de la démocratie et de l’Etat de droit.
    C’est ce que nous partageons comme patrimoine commun et que nous entendons défendre avec nos collègues européens de la Fédération Humanisme Européenne.
     
    Notre pays, suite à de nombreux combats menés par la Communauté philosophique non confessionnelle, a précisé au travers de sa Constitution et de ses lois, la nécessité du respect de la séparation des Eglises et de l’Etat.
     
    Nous dénonçons toute initiative qui viserait à réhabiliter, directement ou indirectement, l’organisation religieuse dans la société européenne. Nous le faisons au nom du modèle pluraliste, multiculturel, multiconfessionnel et tolérant que prône la laïcité.
    Nous nous opposons au fait que trois religions se verraient accorder un quelconque statut particulier dans la représentation des cultes et des conceptions philosophiques en Europe. Il s’agirait clairement d’une dérive de la liberté religieuse et plus encore de la liberté de conscience.
     
    Nous intervenons ce jour après de notre gouvernement pour qu’il ne soit pas donné suite à cette invitation.
     
    Pierre Galand,
    Président du Centre d’Action laïque

  • Obama

    Obaerden

     

    Vu sur Actu 24 ! Et pourquoi pas ? (Allez, j'avoue, j'ai un peu choisi le cadrage…) ;-)

  • Responsabilité politique

    J'ai apprécié l'éditorial de Colette Braeckman dans le Soir du 4 juin, notamment lorsqu'en reconnaissant une certaine cohérence dans les propos de De Gucht sur la problématique du Congo, elle met en garde sur le fait que sa position de Ministre l'oblige à faire preuve de diplomatie, et non de se laisser aller à des pulsions ou des élans personnels !

    Cela m'a fait penser à la réaction de la Garde des Sceaux française Rachida Dati dans l'affaire du mariage annulé par le Tribunal de grande instance de Lille. Elle fut conspuée par l'Assemblée Nationale parce qu'elle prenait la défense du juge, justifiant sa position par le fait que le jugement "protégeait" la jeune femme qui demandait elle-même, semble-t-il, l'annulation de son divorce.

    Rachida Dati évoque un second argument, lié à son expérience personnelle : elle-aussi, jadis, a demandé à ce qu'on annule son mariage, parce qu'elle s'était rendu compte — un peu tard — qu'elle n'avait rien à partager avec l'homme qu'elle venait d'épouser. Le prononcé du divorce prit plusieurs années, et elle n'aurait pas souhaité que cela arrive dans la situation actuelle à la jeune épouse.

    Voilà deux arguments indignes d'une position politique protégeant le bien de la société en général et des femmes en particulier : le premier argument visant à protéger un individu au détriment de l'intérêt de la condition féminine dans son ensemble, l'autre provenant d'une expérience personnelle influençant son jugement dans ce qui relève d'une décision de justice impliquant par la jurisprudence éventuelle des conséquences indignes du respect de la dignité des femmes. Celles-ci redoubleront dès lors leurs demandes de réfections d'hymen auxquelles les gynécologues sont de plus en plus confrontés. Une dynamique cédant aux pressions religieuses et culturelles d'une communauté, contraire aux principes fondateurs de la République, ou du caractère laïque nécessaire à tout Etat qui se veut démocratique.

    L'opinion publique doit pouvoir s'exprimer, mais le politique doit prendre le parti du plus grand nombre, en décidant dans le sens du projet de société qu'il défend, fort du pouvoir délégué par le peuple qui l'a élu.



  • Bilan 2007 au CAL Province de Liège

    L’année 2007 nous a donné l’occasion d’approfondir une thématique qui s’insère de plus en plus dans notre sphère de préoccupations, car par de nombreux aspects elle heurte notre sensibilité, nos valeurs, nos opinions : l’égalité des genres, les atteintes aux droits de la femme dans le monde en général et dans nos sociétés occidentales en particulier, ces faits qu’on pourraient appeler divers s’ils n’étaient autant empreints de soufrance, de détresse physique et morale, et qui ont pour noms excision, viol systématique, bannissement consécutif, rejet pour cause de virginité perdue…

    Quelle attitude devons-nous adopter face à ces drames, face à ces femmes qui n'ont pour toute issue que de demander aux médecins, ou dans nos centres de planning familial, de leur reconstituer l’hymen, de leur fournir un certificat de virginité, d’être auscultées par des gynécologues féminins ?

    Faut-il adapter nos lois et nos règlements à ces exigences communautaires ? Faut-il accepter que nos écoles nuancent leurs exigences d’égalité dans la fréquentation des aires sportives, multiplient les particularismes dans les cantines, tolèrent des tenues vestimentaires dangereuses ou inappropriées ?

    Quels sont nos référents laïques ? Selon quelles valeurs devons-nous trancher dans les dilemmes auxquels nous sommes confrontés ? À quel cadre pouvons-nous nous fier pour décider, choisir ?

    Ce cadre, n’est-ce pas notre vision de la société de demain ? Celle que nous voulons espérer pour les générations futures ? Une société où nos valeurs d’égalité, d’humanisme, de liberté se seront imposées, pour le bien collectif. Dans les choix que nous posons aujourd’hui, n’est-ce pas cette société-là que nous contribuons à construire ? Sans dogmatisme, sans imposer de modèle par la force, mais bien par la persuasion. Si nous refusons d’accéder à certaines demandes particulières certes compréhensibles, aux enjeux aîgus et douloureux parfois, c’est qu’il s’agit pour nous de privilégier le bien de tous, et de lutter contre les atteintes aux droits des populations les plus faibles, ou d’une partie de la population soumise à l’autre sans autre raison que celle du plus fort.

    Nous sommes des utopistes, certes, mais non de doux rêveurs : nous défendons une utopie opérative, qui puisse nous servir de cadre dans nos choix et nos positions, pour construire la cité de demain.

    Par les débats, conférences, prises de position que nous organisons au sein du mouvement, du niveau communautaire jusqu’au niveau local, c’est bien cette utopie que nous défendons, qui constituera notre point de ralliement, contrairement aux religions qui tentent d’imposer la sauvegarde de ce monde du passé, asservi, soumis aux intérêts des dominants, dans l’attente d’un hypothétique bonheur dans un autre monde, une cité céleste.

    Merci aux associations membres et aux permanents du CAL de participer à cette longue marche vers une finalité humaniste et non une hypothétique et éthérée béatitude désincarnée.

    La tâche est importante, et les attentes sont prégnantes. Nous nous devons de nous y atteler et d’y répondre avec toute notre conviction et notre énergie.

  • Traditions, religions… émancipation ? La Laïcité, un atout pour les femmes.

    CONGRES DU XXXème ANNIVERSAIRE DU CENTRE D’ACTION LAIQUE DE LA PROVINCE DE LIEGE

    17 novembre 2007
     
     
     
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     A l’occasion de son XXXème anniversaire, le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège a organisé un congrès réaffirmant toute l’importance de l’égalité des genres comme principe fondamental des droits humains et de leur universalisme.

    En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’aurait pas d’intérêt s’il n’était un texte fondateur pour l’humanité entière. Et l’humanité inclut  les femmes – mieux, elle repose sur elles.

    Nous pensons que l’humanité est une et indivisible. Les principes de liberté, d’égalité, de fraternité, de sororité, de laïcité et de solidarité sont interdépendants. L’égalité des hommes et des femmes et l’égalité entre toutes les femmes de la planète doivent prédominer sur tout particularisme ethnique et religieux. La complaisance envers tel communautarisme, tel intégrisme est criminel : l’émancipation humaine ne peut être refusée à quelque catégorie d’individus que ce soit.

    Nous voulons rappeler avec insistance le lien fort qui unit laïcité et citoyenneté : la première prône la liberté de conscience, le libre choix, et la séparation du politique et du religieux. La seconde se traduit par l’exercice des droits fondamentaux.

    Le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège est attentif et actif pour la défense de ces deux aspects indispensables à la protection et à l’évolution de nos démocraties, tout comme pour la poursuite des valeurs fondatrices de notre mouvement.

    De nombreuses associations laïques se sont impliquées dans  l’avancement de notre travail de réflexion lors des débats « pré-congrès ». Dix-huit activités se sont déroulées en province de Liège, qui furent autant de rencontres complémentaires aux trois rassemblements organisés par le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège à Seraing, Waremme et Verviers.

    Ce travail préparatoire (plus de 600 participants ont contribué à enrichir le débat) a permis d’exprimer de nombreux constats. Le premier fut celui de la contribution des religions au processus de sédimentation des rôles et des prérogatives de chaque sexe. Le religieux a instrumentalisé et perpétué dans le monde l’ensemble des discriminations dont étaient — et sont toujours — victimes les femmes.

    Bien sûr le dogme englobe l’ensemble des populations, mais avec un accent particulier vis-à-vis des femmes. Pourtant, aucune histoire, aucun héritage, aucune religion, culture ou tradition ne peuvent justifier les inégalités et la marginalisation qu’elles subissent.

    L'amélioration du statut de la femme dépend d’une prise de conscience collective : toute société doit reconnaître que l’attribution du statut social de l’individu ne doit rien au sexe auquel il appartient ; qu'avant d'être un homme ou une femme, on est d’abord un être humain et que dès lors nulle tâche n'est assignée par nature à l’une ou à l’autre.

    Aucune religion, aucune coutume ne justifie qu’on asservisse les femmes, qu’on leur impose un époux, qu’on les humilie, qu’on les prive des droits élémentaires de la personne. Aucune religion, aucune coutume ne justifient qu’on supprime, qu’on mutile les petites filles, qu’on les vende ou qu’on les prostitue. Aucune religion, aucune coutume ne justifie qu’on assassine, qu’on brûle, qu’on torture, qu’on lapide, qu’on viole une femme parce qu’elle est une femme.

    Et à l’occasion du 60° anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, nous le réaffirmons avec force.

    Hervé Persain

     

  • Ca se discute (très peu finalement !)

    J'ai eu l'occasion de servir de chauffeur à Anne Morelli lorsqu'elle est venue à Waremme pour le pré-congrès du CAL à l'Espace Laïcité. Elle nous a longuement relaté son expérience à l'émission de Delarue où elle fut quelque peu chahutée. Mon amis Francis m'a justement envoyé le récit qu'elle en fait…

    "Ça se discute", 19 septembre 2007
     
     
     
    par Anne Morelli, directrice adjointe du Centre Interdisciplinaire d'Études des Religions et de la Laïcité à l'Université Libre de Bruxelles (CIERL-ULB)


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    Il y a plus de dix ans que Serge Halimi, et encore avant lui Pierre Bourdieu nous avaient prévenus : la télévision française est un contre-modèle d'information libre et équilibrée. Elle ne présente que des points de vue convenus, en harmonie avec les positions du pouvoir et n'accorde aucun espace aux dissidents qu'elle se refuse à inviter ou qu'elle censure sur le plateau.
     
     Mais vous connaissez le conte d'Alphonse Daudet "La chèvre de monsieur Seguin". La petite chèvre sait très bien que toutes celles qui l'ont précédée à aller dans la montagne se sont fait dévorer par le loup, mais elle entend tout de même l'affronter. Elle se fie à ses petites cornes si pointues...
     
     Telle la chèvre de M. Seguin, je pensais être suffisamment aguerrie aux médias pour ne pas être piégée par une invitation de France2. Je suis une vieille habituée des débats de RTL et d'émissions de la télévision belge (RTBF et VRT). J'y suis invitée soit comme "expert" (en matière historique ou religieuse) ou comme représentante de la laïcité. J'y suis toujours traitée avec respect : le débat peut être vif, c'est parfois le cas avec des représentants religieux, mais "Controverse" par exemple, est enregistrée à RTL en temps réel, le plus souvent en direct et aucune coupure n'y est réalisée.
     
     Ma seule expérience française (la regrettée émission "Arrêt sur image") m'avait semblé correcte et j'ai donc tendu une oreille attentive à l'invitation qui m'était faite par France2. Une charmante assistante me demandait de participer à une émission dont j'ignorais tout et qu'elle me présenta comme étant un débat contradictoire sur les nouveaux mouvements religieux. Il s'agissait de "Ça se discute" de Jean-Luc Delarue.
     La jeune assistante demanda à pouvoir recevoir et lire mes livres sur le sujet et m'en fit un résumé correct qui devait, disait-elle, servir de base à la construction de l'émission. Elle me promit qu'ils seraient présentés en cours d'émission.
     
     Un peu inquiète de ce qu'on me disait de Delarue, j'ai demandé à recevoir des assurances sur le caractère sérieux de l'intervention que je ferais dans l'émission et sur le caractère véritablement contradictoire du débat. Il m'a été répondu fermement que des victimes de la "chasse aux sectes" étaient invitées à venir s'exprimer autant que des victimes de "sectes". Rassurée, j'accepte de participer à l'émission dont la date est fixée au 5 septembre.

     Deux jours avant cette date, l'assistante me rappelle : le titre de l'émission a changé et intègre le mot  péjoratif “gourou” " et par ailleurs elle ne se déroulera pas en direct. Le contenu de l'émission doit être supervisé par les instances de la chaîne, elle sera tournée en différé et montée. En outre on me fait part d'une bien étrange consigne : pour éviter toute publicité (sic) pour l'une ou l'autre "secte", je suis priée de ne prononcer le nom d'aucune d'entre elles !
     Je pensais faire un parallèle entre le caractère aussi absurde ou raisonnable des croyances raëliennes et chrétiennes mais je suis estomaquée de devoir transformer "Raël" par "Tralalala". A ma question de savoir si je pourrais néanmoins citer les Chartreux, l'assistante ne flairant pas mon piège, me répond innocemment que "pour eux évidemment, il n'y a pas de problème" !
     
     Le tournage étant plus tôt dans la journée que le direct prévu initialement, et les soutenances de mémoire ne me permettant pas de quitter Bruxelles plus tôt, France2 n'hésite pas à m'envoyer à la gare du Nord un motard pour me conduire rapidement en ses studios. J'y découvre là un Barnum invraisemblable : les "spectateurs" sont en fait des figurants dociles qu'on chauffe et parmi lesquels, les responsables de l'émission - théoriquement ouverte au public ! - ont vite fait de repérer des personnes qui ont pris pour argent comptant ce caractère officiellement libre d'accès à l'émission mais qui y sont indésirables. Une dame, nullement violente, ni sale, ni agressive est ainsi vouée à l'expulsion. On tente d'abord de la persuader fermement de quitter les gradins. Comme elle ne s'y résoud pas, deux barbouzes la soulèvent, la couchent et l'enlèvent, l'un la tenant par les pieds, l'autre par les épaules ! La scène n'apparaîtra évidemment pas à l'écran !
     
     Par ailleurs, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Sectes : MIVILUDES, est intervenue en dernière minute, pour que ne soient pas admises à témoigner les victimes de la chasse aux sectes, pourtant dûment invitées (billet de train et hôtel déjà payés) et présentes.
     
     L'émission s'intitule "Ça se discute" mais en réalité aucune discussion n'est possible : les "victimes des sectes" seules ont la parole. Elles sont invitées, une à une, à venir témoigner très longuement d'histoires tragiques et émouvantes qui leur sont advenues il y a parfois plus de vingt-cinq ans.
     
     Un psychothérapeute, issu comme moi de l'Université de Bruxelles, a été invité à parler de sa pratique. Jean-Luc Delarue le traite avec une ironie agressive et dès qu'il commence ses explications, le présentateur l'interrompt (par deux fois) pour dire : "On ne va pas rester ici toute la nuit à vous écouter". A la deuxième interruption, ce monsieur se lève dignement et quitte le plateau.
     
     A la représentante de la MIVILUDES, par contre, le temps n'est en rien compté et elle seule peut intervenir pendant toute l'émission et sur tous les sujets.
     
     Quant à moi, après une attente de deux heures en périphérie du plateau (la seule corbeille de fruits secs y porte une insolente mention "réservée” et est réservée au seul M. Delarue !), j'y suis finalement introduite en fin d'émission. Avant de m'asseoir sur le siège que vient de quitter le psychothérapeute, je demande à Delarue s'il me traitera plus poliment que son invité précédent mais ce sera à peine le cas. Le temps presse et lorsque j'entame un parallèle avec des pratiques "nuisibles" des grandes religions, Delarue m'interrompt pour dire : "Il me semble que vous avez un fameux problème avec la religion catholique". Ses moqueries sont relayées automatiquement par le rire (enregistré ou spontané ?) du public.
     Au moment où l'un des témoins profère une énormité, je me décide à intervenir mais... mon micro est fermé. Il est totalement impossible de discuter à "Ça se discute". De mes livres, il n'a évidemment pas été question.
     Je comprends pourquoi aucun groupement religieux accusé d’être une "secte" ne doit accepter de participer à de telles parodies de débat. Cette émission a hélas obtenu en 2000 et 2003 le prix du "meilleur magasine de société".
     Moi-même, je me repens d'être innocemment tombée dans ce piège qui ranime l'hystérie anti-sectes et n'offre aucun espace de discussion.
     
     Sur le trottoir des studios, des responsables de la MIVILUDES se félicitent de l'excellent résultat obtenu. Ils ont ranimé l'angoisse et la phobie anti-sectes qui, en France, assurent leur étrange emploi, inconnu dans la plupart des autres pays.
     Des personnes, dûment invitées mais empêchées de parler, pestent sur le temps qu'on leur a fait perdre.
     L'assistante rappelle les figurants qui, en bâillant, rejoignent le tournage de l'émission show suivante.
     L'oreille basse, je pars chercher dans Paris un restaurant qui puisse m'offrir pour 15 euros (c'est le maximum qui m'a été attribué !) un repas du soir avec boisson (Mac Do peut-être ?). Il me restera à me faire rembourser, via des formalités compliquées, l'argent que j'ai avancé pour le train et ce plantureux repas, et surtout à méditer sur les risques de vouloir toujours tout vérifier par soi-même selon le principe du libre examen qui soutient l'enseignement de mon Université.... 

  • La femme, étalon de la démocratie

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    Cet aphorisme n’est pas qu’un clin d’œil. Si l’on situe la discrimination de genre comme la plus répandue au monde puisqu’elle touche potentiellement plus de la moitié de l’humanité, qu’elle n’épargne aucune nation, quelle est une menace pour toute société, au sein même de chaque famille, nous ne pouvons qu’admettre la condition féminine en tant qu’archétype du respect du principe d’égalité d’un peuple et de son degré d’évolution.

    Le combat pour l’égalité des genres ne peut donc se cantonner aux associations féminines et féministes. Il s’impose à tous ceux et toutes celles qui défendent les droits humains et poursuivent les idéaux d’égalité, de démocratie, de fraternité et… de sororité. (Notre lexique, reflet de notre culture, a lui-même bien du mal à considérer l’élément féminin sur le même pied que l’élément masculin !)

    Et si nous ajoutons à l’argument d’universalisme de la question d’égalité entre hommes et femmes, la fonction remplie par les religions dans l’asservissement de la gent féminine aux détenteurs mâles de la vérité, il est plus évident encore que la mouvance laïque s’investisse dans cette lutte. Elle s’y emploie par ailleurs en parfaite cohérence avec son engagement contre l’extrême droite. La vision rétrograde, méprisante, hostile que celle-ci manifeste à l’égard de la femme constitue une des caractéristiques transversales majeures des ces idéologies haineuses et machistes.

    Voilà pourquoi, s’il fallait justifier de notre engagement dans cette quête d’égalité, l’ensemble des services du CAL Province de Liège et un grand nombre d’associations fédérées dans les trois régions (Liège, Huy-Waremme et Verviers) de la Province, on souhaité s’impliquer dans cette cause, dans la phase de préparation et de réflexion ainsi que lors de la journée du 17 novembre, portés par l’élan des congrès précédents. En 1997, nous osions réaffirmer notre désir d’utopie, moteur de changement social. En 2002, nous lancions le pari d’une société empreinte d’humanisme, de solidarité, en évoquant le besoin incontournable de laïcité dans la cité. En 2007, nous nous attaquons à l’obstacle qui gangrène l’humanité depuis les origines et osons opposer aux arguments réducteurs et réactionnaires de respect des lois de la nature, des conceptions liées à l’intelligence et à l’amour de l’autre, plutôt qu’aux rapports de force et de domination. Et nous affirmons haut et fort que la laïcité est un atout pour les femmes, partant, pour l’humanité entière.

    Venez prolonger la réflexion avec nous lors du congrès du 17/11. Cliquez sur le visuel pour obtenir tous les renseignements voulus.

  • La Campagne Triangle Rouge des Territoires de la Mémoire

    HerveTriangleA un mois des élections législatives, les Territoires de la Mémoires ont donc décidé de lancer une nouvelle campagne de communication « Triangle Rouge : label Citoyen, pour résister aux idées d’extrême droite ». Celle-ci véhiculera un message résolument positif : la progression des idées d’extrême droite n’est pas inéluctable, le cordon sanitaire citoyen se renforce et le « harcèlement démocratique » (qu’il soit associatif, politique, judiciaire ou médiatique) se poursuit de manière intensive.