•  Nos meilleurs voeux pour 2006 !

     J'emprunterai à Thomas Mann, ma lecture du moment, une vision du l'humanisme qui me convient et qui j'espère vous parlera aussi...

    Settembrini, le maître à penser de Hans Castorp sur les hauteurs de Davos où se trouve le sanatorium qui les accueille dans une atmosphère envoûtante, définit l'humanisme comme l'amour des hommes, ce n'est pas autre chose, et par là même l'humanisme est aussi une politique, une attitude de révolte contre tout ce qui souille et déshonore l'idée de l'homme. On peut reprocher à d'aucun de faire trop de cas de la forme ; mais la belle forme elle-même, on peut la cultiver par respect pour la dignité de l'homme, en opposition éclatante avec le Moyen-Age qui, non seulement a été livré au mépris de l'homme et à la superstition, mais qui a encore sombré dans une absence de forme honteuse...

    Que notre rôle de citoyen contribue à défendre, contre l'ascétisme et la négation de la vie, la force active qui transforme le monde et le rend meilleur. Comme Dante, citoyen actif et lucide, défendons le principe de la connaissance d'ici-bas, et de l'activité dans la vie, et non l'espoir d'un monde meilleur, reporté dans un hypothétique et chimérique au-delà.

    Au commencement était le verbe..., et le verbe constituait le triomphe de l'humanité. Car la parole était l'honneur de l'homme, et elle seule rendait la vie digne de l'homme. Non pas l'humanisme seulement, mais l'humanité en général, toute dignité humaine, l'estime des hommes et l'estime de l'homme pour soi-même, tout cela était inséparable de la parole, était lié à la littérature. (Saint-Jean, revisité par Thomas Mann...)

    Annette et moi vous souhaitons une année pleine de vie et de fraternité, malgré les embûches, et que le monde soit un peu meilleur pour tous au 31 décembre 2006.

    A lire : Thomas Mann, La Montagne magique, Le Livre de Poche n° 6994, paru chez Arthème Fayard et Cie en 1931.

  • Séparation des Églises et de l'état

    Nicolas Sarkozy engage la révision de la loi de Séparation des Églises et de l'État.

    Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, vient de mettre en place, quasi clandestinement, une « Commission de réflexion sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics ». En fait, il s'agit d'une première étape vers la révision de la loi de Séparation des Églises et de l'État.

    La composition de cette commission ne laisse aucun doute sur les intentions du ministre : parmi les quinze membres, on compte un théologien, un pasteur connu pour ses prises de position en faveur de la révision, un ancien secrétaire national RPR à la Culture, un secrétaire général de l'Association internationale des juristes catholiques, qui ne cache pas ses liens avec le Vatican, etc.

    En revanche, s'il s'agit de parler de religions, comment expliquer que l'islam soit absent ? Et s'il convient d'approfondir le dialogue sur la laïcité, comment comprendre que la famille rationaliste ait été oubliée ? Ainsi, entre autres, des millions de Français agnostiques, libres penseurs, athées, ou tout simplement indifférents, ne sont pas représentés dans cette instance.

    En réalité, le choix du calendrier donne la clé : le rapport sera remis en janvier 2006. Juste à temps pour que le candidat Sarkozy à l'élection présidentielle se saisisse de ses conclusions pour faire campagne sur le thème de la révision. Or, se servir du principe de laïcité, inscrit dans la Constitution, comme d'un enjeu électoral serait irresponsable dans un pays, dont les émeutes dans les cités viennent de montrer la fragilité du vivre ensemble. Ce serait risquer de compromettre la paix civile, dont la France jouit depuis un siècle grâce à la loi de 1905.

    Dans l'immédiat, il appartient à M. le Président de la République, qui s'est posé en garant de la laïcité dans son discours de décembre 2003, de rappeler l'ensemble du gouvernement au respect scrupuleux de la Séparation des Eglises et de l'Etat.

    Gérard Delfau, sénateur de l'Hérault.
    Auteur de « Du principe de Laïcité - Un combat pour la République »
    Initiateur du Colloque « Laïcité : Hier, Aujourd'hui, Demain », le 9 décembre au Sénat en partenariat avec l'association EGALE Egalité Laïcité Europe

  • LE JUGE LUIGI TOSTI DOIT ÊTRE RELAXE !

    Le 15 août 2005 le pape Benoît XVI affirme dans son homélie : «Il est important que Dieu soit visible dans les maisons publiques et privées, que Dieu soit présent dans la vie publique, avec la présence de croix dans les établissements publics. »

    Le 19 novembre 2005, Benoît XVI et Silvio Berlusconi, au terme d’ « un échange d'opinion sur les rapports Eglise Etat en Italie », réaffirment « la volonté de collaboration des deux parties dans le cadre du Traité du Latran ».

    Le 18 novembre 2005, le juge Luigi Tosti, âgé de 57 ans, est condamné par le tribunal de l’Aquila, localité située à une centaine de kilomètres de Rome à 7 mois de prison et 1 an de suspension. Son crime ? Le juge refuse de rendre justice en présence de signes religieux dans la salle d’audience du tribunal.

    Le juge s’appuie pour sa demande sur la constitution républicaine du 27 décembre 1947, qui établit que tous les citoyens « sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion » (Art. 3), mais une circulaire du ministre fasciste Rocco, datant de 1926, jamais abrogée depuis par aucun des gouvernements successifs, fixe que des crucifix doivent être visibles dans les tribunaux italiens, illustrant la phrase de Bossuet : « Le sacerdoce étroitement uni avec la magistrature, tout en paix par le concours de ces deux puissances ! ».

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    Car l’Italie continue de vivre sous le régime du traité de Latran et du concordat signé le 11 février 1929 entre le Vatican et l’Italie représentée par Benito Mussolini, chef du gouvernement de l’époque. En 1984, le Président du Conseil, le socialiste Bettino Craxi, renouvelle le concordat avec le Vatican : certes le culte catholique n’est plus religion d’État mais les lois fascistes ne sont pas abrogées pour autant.

    Pour reprendre l’expression du Cardinal Tauran devant les évêques français en 2003, l’Italie connaît ainsi une séparation des églises et de l’état « coordonnée », opposée à « la séparation pure et simple » dans laquelle « les confessions religieuses relèvent du droit privé (USA, France) ».

    Sept mois de prison pour le juge … c’est la marque de ce que l’Eglise catholique appelle une « saine et légitime laïcité » (expression de Pie XII) …

    Le combat des citoyens laïques et républicains italiens est le même que le nôtre pour la défense, la promotion et la restauration de la loi de 1905 sur tout le territoire ; c’est celui de tous les véritables laïques où qu’ils soient dans le monde pour la séparation des églises et de l’état et pour l’abrogation des concordats et de toutes les lois antilaïques !

    Nous exigeons l’arrêt immédiat des poursuites contre le juge Luigi Tosti !

    Signataires :

    Michel NAUD, bright, rationaliste, Nantes (44)
    Christian EYSCHEN, libre-penseur, Suresnes (92)
    Johannès ROBYN, militant athée, Bruxelles (Belgique) - par exemple -

    Signatures à adresser à Michel NAUD : brightsfrance@free.fr

    adresse postale (si nécessaire) :
    Michel Naud, chez Ouest Management, D2A, rue rené Fonck, 44860 Saint Aignan de Grand Lieutéléphone (là aussi, si nécessaire) : 06 77 83 63 79