• Traditions, religions… émancipation ? La Laïcité, un atout pour les femmes.

    CONGRES DU XXXème ANNIVERSAIRE DU CENTRE D’ACTION LAIQUE DE LA PROVINCE DE LIEGE

    17 novembre 2007
     
     
     
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     A l’occasion de son XXXème anniversaire, le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège a organisé un congrès réaffirmant toute l’importance de l’égalité des genres comme principe fondamental des droits humains et de leur universalisme.

    En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’aurait pas d’intérêt s’il n’était un texte fondateur pour l’humanité entière. Et l’humanité inclut  les femmes – mieux, elle repose sur elles.

    Nous pensons que l’humanité est une et indivisible. Les principes de liberté, d’égalité, de fraternité, de sororité, de laïcité et de solidarité sont interdépendants. L’égalité des hommes et des femmes et l’égalité entre toutes les femmes de la planète doivent prédominer sur tout particularisme ethnique et religieux. La complaisance envers tel communautarisme, tel intégrisme est criminel : l’émancipation humaine ne peut être refusée à quelque catégorie d’individus que ce soit.

    Nous voulons rappeler avec insistance le lien fort qui unit laïcité et citoyenneté : la première prône la liberté de conscience, le libre choix, et la séparation du politique et du religieux. La seconde se traduit par l’exercice des droits fondamentaux.

    Le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège est attentif et actif pour la défense de ces deux aspects indispensables à la protection et à l’évolution de nos démocraties, tout comme pour la poursuite des valeurs fondatrices de notre mouvement.

    De nombreuses associations laïques se sont impliquées dans  l’avancement de notre travail de réflexion lors des débats « pré-congrès ». Dix-huit activités se sont déroulées en province de Liège, qui furent autant de rencontres complémentaires aux trois rassemblements organisés par le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège à Seraing, Waremme et Verviers.

    Ce travail préparatoire (plus de 600 participants ont contribué à enrichir le débat) a permis d’exprimer de nombreux constats. Le premier fut celui de la contribution des religions au processus de sédimentation des rôles et des prérogatives de chaque sexe. Le religieux a instrumentalisé et perpétué dans le monde l’ensemble des discriminations dont étaient — et sont toujours — victimes les femmes.

    Bien sûr le dogme englobe l’ensemble des populations, mais avec un accent particulier vis-à-vis des femmes. Pourtant, aucune histoire, aucun héritage, aucune religion, culture ou tradition ne peuvent justifier les inégalités et la marginalisation qu’elles subissent.

    L'amélioration du statut de la femme dépend d’une prise de conscience collective : toute société doit reconnaître que l’attribution du statut social de l’individu ne doit rien au sexe auquel il appartient ; qu'avant d'être un homme ou une femme, on est d’abord un être humain et que dès lors nulle tâche n'est assignée par nature à l’une ou à l’autre.

    Aucune religion, aucune coutume ne justifie qu’on asservisse les femmes, qu’on leur impose un époux, qu’on les humilie, qu’on les prive des droits élémentaires de la personne. Aucune religion, aucune coutume ne justifient qu’on supprime, qu’on mutile les petites filles, qu’on les vende ou qu’on les prostitue. Aucune religion, aucune coutume ne justifie qu’on assassine, qu’on brûle, qu’on torture, qu’on lapide, qu’on viole une femme parce qu’elle est une femme.

    Et à l’occasion du 60° anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, nous le réaffirmons avec force.

    Hervé Persain