• Bilan 2007 au CAL Province de Liège

    L’année 2007 nous a donné l’occasion d’approfondir une thématique qui s’insère de plus en plus dans notre sphère de préoccupations, car par de nombreux aspects elle heurte notre sensibilité, nos valeurs, nos opinions : l’égalité des genres, les atteintes aux droits de la femme dans le monde en général et dans nos sociétés occidentales en particulier, ces faits qu’on pourraient appeler divers s’ils n’étaient autant empreints de soufrance, de détresse physique et morale, et qui ont pour noms excision, viol systématique, bannissement consécutif, rejet pour cause de virginité perdue…

    Quelle attitude devons-nous adopter face à ces drames, face à ces femmes qui n'ont pour toute issue que de demander aux médecins, ou dans nos centres de planning familial, de leur reconstituer l’hymen, de leur fournir un certificat de virginité, d’être auscultées par des gynécologues féminins ?

    Faut-il adapter nos lois et nos règlements à ces exigences communautaires ? Faut-il accepter que nos écoles nuancent leurs exigences d’égalité dans la fréquentation des aires sportives, multiplient les particularismes dans les cantines, tolèrent des tenues vestimentaires dangereuses ou inappropriées ?

    Quels sont nos référents laïques ? Selon quelles valeurs devons-nous trancher dans les dilemmes auxquels nous sommes confrontés ? À quel cadre pouvons-nous nous fier pour décider, choisir ?

    Ce cadre, n’est-ce pas notre vision de la société de demain ? Celle que nous voulons espérer pour les générations futures ? Une société où nos valeurs d’égalité, d’humanisme, de liberté se seront imposées, pour le bien collectif. Dans les choix que nous posons aujourd’hui, n’est-ce pas cette société-là que nous contribuons à construire ? Sans dogmatisme, sans imposer de modèle par la force, mais bien par la persuasion. Si nous refusons d’accéder à certaines demandes particulières certes compréhensibles, aux enjeux aîgus et douloureux parfois, c’est qu’il s’agit pour nous de privilégier le bien de tous, et de lutter contre les atteintes aux droits des populations les plus faibles, ou d’une partie de la population soumise à l’autre sans autre raison que celle du plus fort.

    Nous sommes des utopistes, certes, mais non de doux rêveurs : nous défendons une utopie opérative, qui puisse nous servir de cadre dans nos choix et nos positions, pour construire la cité de demain.

    Par les débats, conférences, prises de position que nous organisons au sein du mouvement, du niveau communautaire jusqu’au niveau local, c’est bien cette utopie que nous défendons, qui constituera notre point de ralliement, contrairement aux religions qui tentent d’imposer la sauvegarde de ce monde du passé, asservi, soumis aux intérêts des dominants, dans l’attente d’un hypothétique bonheur dans un autre monde, une cité céleste.

    Merci aux associations membres et aux permanents du CAL de participer à cette longue marche vers une finalité humaniste et non une hypothétique et éthérée béatitude désincarnée.

    La tâche est importante, et les attentes sont prégnantes. Nous nous devons de nous y atteler et d’y répondre avec toute notre conviction et notre énergie.