Religions et puissance publique dans l’Union Européenne

                                              Communiqué de presse

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Le colloque du 17 décembre à Paris, « Religions et puissance publique dans l’Union Européenne », est une atteinte au principe de séparation des Eglises et de l’Etat.
 

L’Ambassadeur de France en Belgique, son Excellence Dominique Boché, a récemment  adressé à différents hauts responsables administratifs de l’Etat belge, une invitation à un colloque organisé à Paris le 17 décembre dans le cadre la Présidence française de l’Union Européenne sur le thème « Religions et puissance publique dans l’Union Européenne ».
 
La Belgique s’y voit invitée, au même titre que les 26 autres pays membres de l’Union, à y déléguer un « responsable chargé au sein de l’Etat des questions religieuses ou des cultes », ainsi qu’un « prêtre ou un pasteur, un rabbin, un imam ».
 
Le thème du colloque, « Religions et puissance publique dans l’UE », ainsi que les sujets prévus lors de la rencontre (notamment : dans quel esprit la puissance publique nourrit-elle un dialogue avec les trois principales religions) nous interpellent car il viole manifestement le principe de l’impartialité de l’Etat à l’égard des cultes et des convictions philosophiques.
 
En quoi les Eglises et les communautés religieuses invitées auraient-elles une contribution spécifique à apporter ? Conférer à ces cultes un statut particulier, comme le suggère le colloque organisé sous l’égide de la Présidence française de l’Union, revient à établir une discrimination manifeste entre les convictions des citoyens, et en particulier entre ceux qui croient en la transcendance et ceux qui n’y croient pas.
 
Cette invitation va à l’encontre de l’esprit et de la lettre de l’Art. 17 du projet de Traité simplifié de Lisbonne : les pouvoirs publics et l’Union Européenne n’ont pas à intervenir en la matière.
 
En cette veille de la Commémoration du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, est-il nécessaire de rappeler que l’Union est fondée sur les principes indivisibles et universels de la dignité des hommes et des femmes, de le liberté, de l’égalité et de la solidarité ? Elle repose sur le principe de la démocratie et de l’Etat de droit.
C’est ce que nous partageons comme patrimoine commun et que nous entendons défendre avec nos collègues européens de la Fédération Humanisme Européenne.
 
Notre pays, suite à de nombreux combats menés par la Communauté philosophique non confessionnelle, a précisé au travers de sa Constitution et de ses lois, la nécessité du respect de la séparation des Eglises et de l’Etat.
 
Nous dénonçons toute initiative qui viserait à réhabiliter, directement ou indirectement, l’organisation religieuse dans la société européenne. Nous le faisons au nom du modèle pluraliste, multiculturel, multiconfessionnel et tolérant que prône la laïcité.
Nous nous opposons au fait que trois religions se verraient accorder un quelconque statut particulier dans la représentation des cultes et des conceptions philosophiques en Europe. Il s’agirait clairement d’une dérive de la liberté religieuse et plus encore de la liberté de conscience.
 
Nous intervenons ce jour après de notre gouvernement pour qu’il ne soit pas donné suite à cette invitation.
 
Pierre Galand,
Président du Centre d’Action laïque

Commentaires

  • Je suis à 100% votre argumentattion.
    Qu'elles suites ont été données à votre intervention auprès du gouvernement?
    Qu'elles ont été les conclusions du colloque du 17 décembre?
    Que pensez-vous du Réseau d'Actions Pour la Promotion d’un Etat Laïque (R.A.P.P.E.L.) et y êtes-vous partie prenante?
    En attendant le plaisir de vous lire, je vous souhaite une excellente nouvelle année.

  • Je transmets votre commentaire au Président du CAL COM. Merci de votre réaction.

    Hervé Persain,
    Président du CAL Province de Liège.

  • Suite au courrier du CAL (un communiqué de presse a également été rédigé et est accessible via le site internet) adressé aux représentants du Gouvernement pour qu’il ne soit pas donné suite à l’ invitation de l’Ambassadeur de France au colloque organisé à Paris le 17 décembre dans le cadre la présidence française de l’Union Européenne sur le thème « Religions et puissance publique dans l’Union Européenne », de nombreuses réactions nous sont parvenues. La FHE a fait écho de ce problème auprès de son groupe, des associations françaises, notamment la Libre Pensée ont également relayé l’information.

    L’ambassadeur de France nous a répondu dans un courrier témoignant de sa méconnaissance de la laïcité en Belgique ce qui nous a permis de réagir en lui donnant un meilleur éclairage des objectifs de la laïcité en Belgique notamment pour une séparation des Eglises et de l’Etat.

    Nous n’avons pas d’information quant aux conclusions de ce colloque.

    En ce qui concerne RAPPEL, c’est une association au même titre que beaucoup d’autres qui défend la laïcité dans notre pays et qui a pris récemment des initiatives qui me semblent tout à fait intéressantes. Ce faisant, le CAL garde une longueur d’avance sur beaucoup de revendications. A cet égard, je suis l’auteur d’une proposition de loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat que j’avais déposée du temps où j’étais sénateur et qui a été redéposée aujourd’hui par Philippe Mahoux au Sénat.


    Amitiés,

    Pierre Galand

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